Remplacement de Joëlle Milquet: plusieurs partis voient d'un mauvais oeil "la pléthore de ministres"

Avec la nomination de deux ministres pour remplacer Joëlle Milquet, qui a démissionné lundi suite à son inculpation, Ecolo réagit.

Remplacement de Joëlle Milquet: plusieurs partis voient d'un mauvais oeil "la pléthore de ministres"
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Rédaction en ligne avec Belga

Avec la nomination de deux ministres pour remplacer Joëlle Milquet, qui a démissionné lundi suite à son inculpation, Ecolo réagit. En effet, Alda Greoli prendra le portefeuille de la Culture au gouvernement de la Fédération Wallonie Bruxelles, et Marie-Martine Schyns, l'Education. « Durant la précédente législature, les gouvernements wallons et de la Fédération Wallonie-Bruxelles comptaient 11 ministres pour 3 partis. Ces mêmes gouvernements comptent aujourd'hui 14 ministres pour seulement 2 partis. Une multiplication incompréhensible pour la population », déplore Patrick Dupriez, Coprésident d'ECOLO.

« De nombreuses expressions régionalistes se sont exprimées ces derniers mois au sein de différents partis. Le PS et le Cdh avaient ici l'occasion d'agir en cohérence et de ne désigner au sein du gouvernement de la FWB que des Ministres régionaux à « double casquette ». Au contraire, le CDH fait le choix d'accentuer l’isolement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, au risque de l'affaiblir un peu plus encore », constate également Christos Doulkeridis, chef de groupe au Parlement FWB.

Ecolo rappelle en outre l'urgence de « faire aboutir dans un consensus le plus large possible les chantiers importantissimes que sont la réforme de notre enseignement et la place de la culture dans notre société. Plus que jamais, les événements dramatiques récents mettent en évidence l’importance d’une ambition pour ces politiques ».

Un avis partagé par DéFI. "Le remplacement de la ministre Milquet aurait dû être l'occasion de corriger la pléthore de ministres en Région wallonne et Fédération Wallonie-Bruxelles", selon Caroline Persoons, chef de file DéFI au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Celle-ci affirme que "le choix cdH va à contre-courant d'une gestion saine du personnel politique. Sans contester les compétences des personnes désignées, on peut regretter les choix posés car ils n'aideront en rien à rétablir la confiance entre citoyens et responsables politiques."

Le nombre de personnalités politiques dans les deux gouvernements passe en effet de 13 à 14 avec ce remaniement, car René Collin, l'une des "doubles casquettes", n'a désormais plus que des compétences régionales. Le président du cdH Benoît Lutgen a toutefois souligné que cette augmentation irait de pair avec une réduction à due concurrence dans les budgets de fonctionnement des cabinets, de sorte que le changement soit neutre budgétairement pour le citoyen.


Françoise Bertieaux (MR) doute d'un remaniement neutre budgétairement

La cheffe de groupe MR au parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Françoise Bertieaux, a fait part samedi de ses doutes quant à l'absence de répercussion budgétaire du remaniement ministériel aux gouvernements francophone et wallon, consécutif à la démission de Joëlle Milquet. "Sauf à avoir une ministre bénévole - ce que nous ne souhaitons pas - je ne vois pas bien comment cette opération est faisable", a indiqué Mme Bertieaux. Elle interrogera au plus tôt le gouvernement pour en avoir le cœur net, elle qui soupçonne une inévitable augmentation du personnel des cabinets en plus du coût d'une rémunération ministérielle.

"On ose espérer que l'on récupérera une partie du cabinet" de Mme Milquet pour éviter une forte augmentation de ce type de personnel, a-t-elle ajouté.

Le remaniement n'a pas modifié le nombre de ministres en Fédération, qui reste de 7, ni en Wallonie, qui reste de 8, mais l'abandon de la double casquette de René Collin a fait monter de 13 à 14 le nombre de personnalités chargées d'assumer les maroquins, Jean-Claude Marcourt (PS) restant le dernier ministre à siéger dans les deux gouvernements.

Au-delà de ses doutes, Françoise Bertieaux voit dans l'arrivée d'une nouvelle ministre "un mauvais signal" à la population.

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