Ecolo veut 100 % d’énergie belge en 2050

Les verts étaient réunis en congrès, ce dimanche à Eupen.

Ecolo veut 100 % d’énergie belge en 2050
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F. B.

Catastrophe en vue ? Alors que les écologistes étaient réunis en congrès ce dimanche à Eupen, le discours de Patrick Dupriez a débuté sur un ton alarmiste. "L’humanité est menacée par un risque d’emballement du réchauffement de la planète, les océans pourraient bien perdre leur capacité à réguler le climat et à nourrir les peuples du monde", a d’emblée déclaré le Cinacien.

"Des millions de réfugiés climatiques vont bousculer dans les années à venir les frontières du monde que nous connaissons", a poursuivi celui qui assure la coprésidence d’Ecolo, aux côtés de Zakia Khattabi. Face à ces menaces, Patrick Dupriez a insisté sur "la nécessité absolue d’agir, d’agir vite".

Que faire ? Les verts jugent prioritaire le renforcement de l’indépendance énergétique de la Belgique. Ils appellent le pays à se donner un objectif : 100 % d’énergie renouvelable, produite sur le territoire national, en 2050.

Un facteur de guerre

Selon Ecolo, la Belgique importe des énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon…) pour un montant annuel de 12 milliards d’euros. Cet argent file en grande partie vers des régimes autoritaires, soupçonnés de complaisance envers le terrorisme, comme l’Arabie saoudite. Au cours de son discours, Patrick Dupriez a soutenu que la dépendance énergétique de la Belgique vis-à-vis de pays étrangers, souvent des dictatures, constituait "un facteur de déstabilisation et de guerre".

Réorienter la politique énergétique en faveur du renouvelable permettrait par ailleurs d’assainir l’environnement. "La pollution de l’air, c’est 13 000 morts par an en Belgique, des maladies cardiovasculaires et pulmonaires, des enfants qui souffrent d’asthme", a martelé le coprésident d’Ecolo.

Pour atteindre l’objectif de 2050, le parti avance plusieurs idées, en vue de favoriser l’implication des citoyens dans la transition énergétique. Ecolo propose notamment de soutenir le développement des coopératives énergétiques par une garantie publique des parts investies (sur le modèle des comptes d’épargne). Autre mesure suggérée : modifier le cadre législatif pour que les investissements de citoyens et de communes en faveur du renouvelable ne soient plus considérés comme de l’endettement dans les budgets communaux.

A en croire les écologistes eux-mêmes, le chemin à parcourir s’annonce très long. D’après les calculs du parti, 23 % des subventions allouées en Belgique à l’énergie bénéficient au nucléaire, et 48 % aux combustibles fossiles. A peine 23 % du soutien financer à l’énergie profite au renouvelable, et seulement 6 % aux économies d’énergie. D’où le SOS final de Patrick Dupriez : "Comment ne pas s’insurger face à cet aveuglement, ce comportement morbide qui voit une société financer sa propre destruction ?"

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