André Antoine réclame un CETA corrigé pour la fin 2016

Le président du parlement wallon, André Antoine, a réclamé jeudi, à son arrivée au parlement wallon pour une nouvelle salve d'auditions sur l'accord de commerce entre l'Union européenne et le Canada.

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André Antoine réclame un CETA corrigé pour la fin 2016
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Le président du parlement wallon, André Antoine, a réclamé jeudi, à son arrivée au parlement wallon pour une nouvelle salve d'auditions sur l'accord de commerce entre l'Union européenne et le Canada (CETA), de rouvrir les négociations afin de conclure "un traité corrigé" d'ici la fin de l'année, début de l'année prochaine. Quelques dizaines de manifestants anti-CETA, se réclamant de la plate-forme "Tout autre chose / Hart Boven Hard", ont accueilli les députés à leur arrivée, applaudissant les membres PS, cdH, Ecolo ou PTB qui s'opposent au traité, mais sifflant les réformateurs du MR qui le soutiennent. Des médias internationaux avaient aussi fait le déplacement à Namur.

La majorité PS-cdH en Wallonie s'oppose depuis plusieurs mois au CETA dans sa version actuelle, même pourvue de la récente déclaration interprétative censée apaiser les gouvernements récalcitrants. Le ministre-président Paul Magnette (PS) refuse ainsi de déléguer les pleins pouvoirs au Fédéral pour signer le traité. Son homologue en Fédération Wallonie-Bruxelles Ruddy Demotte (PS) fait de même.

Pour André Antoine (cdH), les échéances prochaines (Conseil des ministres européens mardi prochain, cérémonie de signature du CETA prévue le 27 octobre prochain) ne doivent pas constituer des obstacles.

L'examen du dossier au COREPER (comité des représentants permanents des Etats-membres de l'UE) prévu mercredi "a été différé", a fait observer M. Antoine, interrogé par Belga.

Il déplore que la Commission européenne n'ait "pas réagi" malgré les avertissements lancés ces derniers mois, tandis que le Fédéral "observe un silence coupable" en ne relayant pas les préoccupations des parlements du sud du pays, laissant ainsi "la N-VA donner le ton".

Le président du parlement wallon fait remarquer que, si le CETA permettra toujours aux autorités nationales de modifier une réglementation, elles devront payer une entreprise si celle-ci est lésée. Le mécanisme d'arbitrage envisagé ne manquera pas de faire pression sur les autorités nationales. Enfin, le traité ne prévoit pas d'exception agricole, énumère-t-il.

"Arrêtons tant qu'il est encore temps, et rouvrons les négociations pour un traité corrigé, d'ici la fin de l'année ou le début de l'année prochaine".

Les mutualités unanimement opposées au CETA

Les mutualités chrétiennes, socialistes et libres demandent aux gouvernements fédéral et régionaux de refuser la signature de l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada. "Trop d'incertitudes planent encore sur les conséquences du CETA", estiment-elles jeudi dans un communiqué, alors que le secrétaire parlementaire de la ministre canadienne du Commerce est venu au Parlement wallon pour défendre l'accord. 

"À ce stade, les garanties que le CETA n'aura pas d'incidences négatives sur notre protection sociale et sur les compétences des autorités nationales sont insuffisantes", affirment les mutualités. "Les défenseurs de l'accord se contentent d'envisager ses éventuels effets économiques", dénoncent-elles.

Les organisations estiment que la déclaration interprétative publiée par la Commission européenne le 6 octobre n'a pas apporté davantage de clarté.

Elles fustigent notamment le fait que l'accord les place sur un pied d'égalité avec les assureurs commerciaux, en dépit de leur mission d'intérêt général. "Cette position est contraire au statut juridique des activités des mutualités, tant dans la législation belge que dans le droit européen. Aucune exclusion explicite des services d'intérêt général n'est prévue, alors qu'elle est essentielle dans des secteurs tels que les soins de santé et la protection sociale."