Le PTB vise aussi les étudiants

Comac, le mouvement jeune du PTB, rassemble les étudiants des universités et hautes écoles.

20121029 - KORTRIJK, BELGIUM: Members of Comac protest during a ceremony for the honorary doctorate - Doctor Honoris Causa - for IMF director Christine Lagarde by the KU Leuven University, at the Stadsschouwburg in Kortrijk, Monday 29 October 2012. BELGA PHOTO KURT DESPLENTER
20121029 - KORTRIJK, BELGIUM: Members of Comac protest during a ceremony for the honorary doctorate - Doctor Honoris Causa - for IMF director Christine Lagarde by the KU Leuven University, at the Stadsschouwburg in Kortrijk, Monday 29 October 2012. BELGA PHOTO KURT DESPLENTER ©BELGA
Louise Vanderkelen

Comme la plupart des grands partis, le PTB a, lui aussi, une branche de son mouvement destinée à la jeunesse. En 2003, l’organisation décide de fusionner son mouvement "Marxiste-léniniste", destiné aux étudiants, et "Rebelle" -rebaptisé "Red Fox"-, qui cible les élèves du secondaire. Comac -pour Communistes actifs- naît de cette fusion. "Les pionniers", un mouvement destinés aux enfants de 6 à 16 ans, a également vu le jour et propose des camps de vacances.

L’organisation cible avant tout les jeunes belges de 14 à 30 ans, "qui n’acceptent pas la société actuelle. Les jeunes qui n’acceptent pas de voir leur avenir hypothéqué par une minorité qui veut toujours plus de profit, qui refusent de voir la nature détruite par l’appât du gain, qui n’acceptent pas les guerres faites au nom du pétrole ou du dollar. Les jeunes qui veulent une société juste, une société qui répond aux besoins des gens et pas du profit", peut-on lire sur son site internet. Cette vision du monde se résume dans un slogan, "Chenge the world", en référence à Che Guevara.

Comac compte aujourd’hui 464 membres répartis dans les grands campus du pays. Le mouvement a un peu plus de succès du côté francophone, notamment à l’Université libre de Bruxelles (ULB), un campus "traditionnellement plus contestataire", affirme Charlie Le Paige, président de Comac.

Un mouvement hyperactif

"Nos membres sont des jeunes qui veulent se battre contre les injustices, qui souhaitent changer la société telle que l’on la connaît. Nous menons de nombreuses actions sur le climat, sur l’accueil des réfugiés ainsi que sur l’éducation. Nous faisons partie des mouvements politiques les plus actifs sur les campus", continue le président.

Tout comme le PTB, l’action de Comac se fait avant tout sur le terrain car "ce n’est pas dans les salons que les décisions politiques doivent se prendre". Les membres du mouvement étudiants font dès lors partie des grandes manifestations organisées afin de protester contre les mesures du gouvernement Michel.

Sur les campus universitaires, Comac distribue des tracts, des stickers, organise des projections de films ou documentaires à caractère contestataire afin de sensibiliser les jeunes étudiants à leur cause et agrandir leurs rangs. "Nous nous arrangeons également pour communiquer nos idées aux étudiants en mobilisant un auditoire avant un cours, par exemple. S’ils sont intéressés, ils peuvent venir nous trouver".

Une participation annuelle de cinq euros est demandée aux futurs membres. "Nous souhaitons en effet qu’ils s’engagent pleinement". La campagne de recrutement lancée au début de cette année académique à travers les différents campus semble se dérouler pour le mieux. Surtout du côté de Liège, "où le mouvement accueille un nombre de membres de plus en plus élevé au fur et à mesure des années".

Syndicats étudiants

Et les anciens membres du mouvement viennent souvent gonfler les rangs du PTB à la fin de leurs études. " Un bon nombre d’entre eux prennent leur carte de parti et continuent leur engagement lorsqu’ils ne sont plus dans les universités où dans les hautes écoles", explique Charlie Le Paige.

Les membres en sont conscients, "ce n’est pas non plus la jeunesse, seule, qui changera la société. Elle pourra jouer un rôle important si elle lutte aux côtés de l’ensemble des travailleurs et peuples qui subissent l’exploitation". Le président les incite alors à rejoindre les partisans du PTB lors des manifestations. Comac est partout là où les étudiants pourraient se trouver. Ainsi, il n’est pas rare que plusieurs membres du mouvement fassent également partie de syndicats étudiants tels que la Fédération des étudiants francophones (Fef). Il y a quelques années, il était ainsi reproché au syndicat de compter parmi ses membres près de la moitié de partisans de Comac.

Purge à la Fef

De nombreux étudiants de la Fef s’étaient alors plaints d’une intrusion certaine des jeunes PTB dans leur programme, les idées soutenues par les deux organisations devenant identiques. "On ne pouvait faire de différence entre les idées soutenues par la Fef et celles défendues par Comac. A l’époque, la Fef avait d’ailleurs perdu de nombreux membres qui ne supportaient plus cette surreprésentation", explique une personne proche des différents syndicats étudiants.

Depuis, les choses ont changé. "Notamment grâce à Corinne Martin, présidente de la Fef entre 2013 et 2014. Elle a réalisé une véritable purge en interne". La Fef conseille d’ailleurs désormais à ses membres de ne pas s’affilier à un parti. "S’ils le faisaient mainteannt, ils se feraient engueuler, je pense".

"Aujourd’hui, le secrétaire général de la Fef participe activement aux diverses activités et manifestations de Comac, ce qui pourrait encore entrainer une confusion entre les idées et les revendications de la Fef et celles de Comac".

Sur le même sujet