SMS et mails factices: un CETA-leaks amuse les vœux de fin d'année au parlement wallon

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SMS et mails factices: un CETA-leaks amuse les vœux de fin d'année au parlement wallon
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La saga de l'accord de libre-échange UE-Canada (CETA), qui a marqué la politique wallonne en 2016, a fourni mercredi soir au chef de groupe MR Pierre-Yves Jeholet l'occasion de "révéler" des SMS, courriels et contacts téléphoniques aussi confidentiels que factices, lors de la présentation des vœux qui, traditionnellement, clôt sur un ton badin la dernière séance plénière de l'année civile. "J'ai eu accès à ces échanges", a assuré le chef de file de l'opposition MR, sourire en coin, au terme de plusieurs heures d'âpres débats budgétaires.

Il évoque celui d'une fidèle électrice du Brabant wallon au président du parlement de Wallonie, le cdH André Antoine, qui pendant l'épisode CETA a disputé au ministre-président Paul Magnette la présence devant les caméras de télévision des médias internationaux. "Toinou, dit cette électrice, tu n'as pas ton pareil pour raconter des carabistouilles". Et d'enchaîner sur un e-mail du directeur de la coupole des ONG du développement CNCD-11.11.11, Arnaud Zacharie, au ministre-président Paul Magnette, devenu la coqueluche de manifestants qui ont été jusqu'à l'afficher en super-héros anti-libre-échange. "Camarade, bravo pour ton positionnement sur le CETA, quelle stratégie politique ! Les positions d'Ecolo et du PTB sont de la piquette par rapport à la tienne ! Tu es beau, grand et fort, Paul, tu as le soutien de tous les altermondialistes."

Très surprenant, ce coup de fil du président du PS Elio Di Rupo à Jean-Claude Van Cauwenberghe. Dépité et jaloux, le locataire du boulevard de l'Empereur demande à l'ancien Numéro un wallon et carolorégien que faire avec "ce Magnette qui fait sa star sur le CETA". Et c'est un "Van Cau" compatissant qui conseille à son président en mal d'image d'aller sur un plateau de télévision: "tu dis que c'est toi qui es derrière tout ça, et que Magnette ne fait que ce que tu lui dis de faire".

Jean-Claude Van Cauwenberghe avait lui-même surpris les observateurs en se faisant, fin novembre, le porte-parole d'Elio Di Rupo sur les plateaux télévisés pour proposer un décumul des rémunérations des députés wallons autorisés à combiner leurs mandats régional et local.

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(Pierre-Yves Jeholet)

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker, gêné par l'imbroglio CETA, aurait même tenté une intimidation à la Poutine, dans un courrier adressé au président du cdH Benoît Lutgen: "Cher Benoît, tu te prends pour qui ? L'Europe, c'est 500 millions d'habitants, la Wallonie 3,5 millions à peine, le cdH 118.000 électeurs, et je suis gentil, je prends les chiffres du dernier scrutin, pas ceux du dernier sondage", lui fait dire Pierre-Yves Jeholet.

Le Hervien, partisan d'une Belgique à quatre Régions sans Fédération Wallonie-Bruxelles, va jusqu'à évoquer un avis de recherche lancé par la police pour un certain "Rudy, président d'une Fédération en voie de disparition". "Il est de petite taille, chauve avec des lunettes rondes, porte un costume bleu et une vieille cravate rouge 'I Love Flobecq'. Depuis le dossier du CETA, personne ne l'a plus entendu, nous sommes inquiets", s'amuse M. Jeholet en épinglant Rudy Demotte.

Répondant dans l'improvisation après avoir salué cette tirade, Paul Magnette a assuré avoir reçu de nombreux SMS de l'électron libre du MR, Georges-Louis Bouchez, dont certains par erreur car ils étaient adressés à... Jacqueline Galant. M. Bouchez a dû quitter le parlement wallon au printemps après la démission de Mme Galant du gouvernement fédéral. "Il me demandait de ne pas rappeler qu'il était le seul dans ce parlement à avoir défendu le CETA et le TTIP", a assuré M. Magnette. Dans un autre SMS, le jeune Montois "me demandait de pouvoir déménager à La Hulpe pour récupérer le siège de Christophe Dister", dont le départ de l'assemblée régionale avait été annoncé un peu plus tôt. Enfin, M. Magnette a rectifié son interlocuteur sur un détail d'importance: "le vrai surnom de notre président (du parlement wallon) est Dédé".