Le coup de griffe de Galant à Michel sur le RER

L’ex-ministre revient, dans son livre, sur son annonce erronée de l’abandon du RER wallon.

F. C.
20151024 - CRAS-AVERNAS, BELGIUM: Federal Minister Jacqueline Galant poses for the photographer at the opening of a new wind farm, Saturday 24 October 2015, in Cras-Avernas. BELGA PHOTO LAURIE DIEFFEMBACQ
20151024 - CRAS-AVERNAS, BELGIUM: Federal Minister Jacqueline Galant poses for the photographer at the opening of a new wind farm, Saturday 24 October 2015, in Cras-Avernas. BELGA PHOTO LAURIE DIEFFEMBACQ ©BELGA

L’ex-ministre revient, dans son livre, sur son annonce erronée de l’abandon du RER wallon.

Allez, encore quelques lignes sur Jacqueline Galant et son livre de confidences intimes et politiques. Un passage croustillant n’a pas encore été mis en lumière, celui où l’ancienne ministre fédérale de la Mobilité s’explique sur l’une de ses belles boulettes : celle du RER wallon. Ses justifications et ses accès de sincérité sont une nouvelle pierre dans le jardin du Premier ministre, Charles Michel.

Rappel. Début février 2016, Jacqueline Galant explique en commission de la Chambre que la mise à quatre voies (nécessaire à la mise en service du RER) de la ligne Bruxelles-Nivelles et de la ligne Bruxelles-Ottignies ne fait plus partie des priorités de la SNCB et d’Infrabel. "Le fonds RER contenait encore à l’époque 105 millions d’euros alors qu’entre 700 et 900 millions étaient nécessaires pour achever la mise à quatre voies du réseau, explique Jacqueline Galant dans son ouvrage. […] C’est par souci de réalisme devant les retards de chantiers que j’ai demandé que les travaux se concentrent sur l’aménagement des gares de Nivelles, Waterloo, Linkebeek et Rhode-Saint-Genèse."

Les "reproches" du MR

Réagissant aux propos de la ministre, l’opposition se déchaîne et dénonce l’abandon du RER wallon par le gouvernement fédéral. Devant la pression, le MR du Brabant wallon - la province directement concernée par le RER - a montré les dents. "Dans mon propre camp politique, certaines personnes ont commencé à me faire des reproches, poursuit la désormais députée wallonne. […] Mes propos ont immédiatement provoqué un tollé chez les bourgmestres libéraux des communes concernées. Le MR compte quatorze bourgmestres dans cette province, parmi lesquels Charles Michel à Wavre. Les réactions ont été si fortes que le Premier ministre a dû intervenir. J’ai donc été contrainte de faire volte-face. La discussion ne portait pas sur le fond, mais bien sur la forme. Il ne fallait pas ‘secouer et mécontenter’ les bourgmestres et la population du Brabant wallon. On m’a donc fait dire qu’on allait tout mettre à quatre voies."

Oups… Voici donc une attaque contre le Premier ministre Charles Michel, lui qui avait pourtant satellisé Jacqueline Galant au sein de son gouvernement en octobre 2014 et l’a soutenue jusqu’à sa démission en 2016. L’ex-ministre a dit la vérité et le MR et son grand chef l’ont exécutée. C’est en tout cas sa version. Suite à cet épisode, la "suédoise" s’est engagée à finaliser le RER wallon (il faudra toutefois attendre 2027, au mieux, pour la ligne Ottignies-Bruxelles).

Intervention du "16"

En attendant, ce passage du fameux bouquin au titre évocateur ("Galant, je vous dis merde !") laisse entendre que Charles Michel se serait laissé influencer par un lobbying politique. Il aurait forcé la main de Jacqueline Galant dans l’intérêt électoral du MR du Brabant wallon. En fait, l’ex-ministre avait bien commis un couac dans sa communication autour du RER wallon. Par des propos imprécis, elle avait laissé entendre que le dossier était mort. Le "16" était alors intervenu auprès d’elle, en effet, mais simplement pour lui demander de rectifier cette erreur de com’.