Publifin: Furlan va-t-il sauver sa tête face au Parlement wallon? Réponse cet après-midi (ANALYSE)

Publifin: Furlan va-t-il sauver sa tête face au Parlement wallon? Réponse cet après-midi (ANALYSE)
©Photo News
Une analyse de Stéphane Tassin

Le ministre PS s’expliquera ce mercredi devant le Parlement wallon sur l’affaire Publifin.

La position actuelle du ministre Paul Furlan (PS) paraît intenable. En affirmant dans les pages de "L’Avenir" à la fin de la semaine dernière, qu’il ne savait pas que son chef de cabinet adjoint (en charge des pouvoirs locaux), Claude Parmentier, était membre du conseil d’administration de Nethys, le Thudinien n’offre de la situation que deux lectures possibles.

On peut considérer, dans une première lecture de cet énième rebondissement dans l’affaire Publifin, que Paul Furlan est de bonne foi. Mais est-ce normal que le ministre ne disposait pas d’une information déjà publiée, notamment, sur le site Internet Cumuleo ? Pour Furlan, ce serait la preuve d’un manque flagrant de responsabilité. On ne peut pas dire que le dossier Publifin soit anodin pour le ministre wallon des Pouvoirs locaux.

Est-il également possible de croire que le PS qui, en règle générale, désigne la grande majorité des chefs de cabinet et des chefs de cabinet adjoints, ne soit pas informé de la situation de Claude Parmentier ? Ce dernier a été contraint, comme les autres élus PS, de faire parvenir au parti la liste de ses mandats. Cette deuxième question, loin de dédouaner le ministre Furlan, pousse la responsabilité à tous les niveaux du PS. Et du gouvernement wallon. Personne ne savait-il, au sein de l’exécutif du sud du pays, que Claude Parmentier siégeait chez Nethys ? Il y aurait alors une responsabilité collective - ce qui permettrait le cas échéant à Paul Furlan de sauver son portefeuille ministériel. Le seul élément, un peu léger cependant, qui pourrait conforter la thèse défendue par le ministre, réside dans le fait que Claude Parmentier occupait le mandat chez Nethys à titre privé.

La deuxième lecture de l’attitude de Paul Furlan est plus grave. Si, effectivement, le ministre était au courant du mandat de son chef de cabinet adjoint, s’il a donc menti, on ne voit pas comment le ministre pourrait défendre son maintien au sein du gouvernement wallon. La seule chose que l’on peut affirmer avec certitude, c’est que Paul Furlan n’était pas au courant de la rémunération (153 000 euros sur trois ans) que percevait Claude Parmentier pour son rôle d’administrateur chez Nethys.

Le mutisme de Paul Furlan

Le ministre se tait, pour l’heure, dans toutes les langues. Il réserve ses explications pour la séance plénière du Parlement wallon qui doit se tenir ce mercredi après-midi. Paul Furlan livrera-t-il une troisième lecture de l’affaire ? On ne peut pas l’exclure, même si, pour l’heure, les ministres PS et CDH affirment un soutien sans faille à leur collègue. Ils se gardent bien de révéler la stratégie qu’adoptera Furlan devant les parlementaires wallons.

On devrait assister aux tirs de barrage des députés de la majorité qui viendront avec des propositions pour renforcer la transparence du secteur. Au CDH, le chef de groupe, Dimitri Fourny, veut, notamment, ouvrir au public les conseils d’administration et les assemblées générales des intercommunales. On veut aussi une transparence totale sur les rémunérations ainsi qu’un plafonnement de ces dernières.

Renouveau démocratique

Au PS, Christophe Collignon (chef de groupe) plaide pour un durcissement des règles qui concernent les mandats privés. Il propose d’en discuter au sein de la commission du renouveau démocratique qui, actuellement, est presque à l’état végétatif. Au MR et chez Ecolo, on demandait mardi matin la démission de Paul Furlan et la mise en place de règles plus claires.

Que dira Paul Furlan ce mercredi ? Lui seul le sait. Assistera-t-on, comme dans l’affaire Galant, au fédéral, à la mise en avant d’une preuve de dernière minute qui acculerait le ministre ? Le PS va-t-il sauver son ministre en prenant enfin des mesures radicales à l’égard de certains mandataires liégeois, grands ordonnateurs de ce système, toujours cités mais presque jamais inquiétés (Stéphane Moreau, patron de Nethys, et André Gilles, président de Publifin) dans cette affaire Publifin ? Certains en rêvent…