Le ministre Bellot décroche son milliard pour le RER: Voici les détails du prêt

Le ministre Bellot décroche son milliard pour le RER: Voici les détails du prêt
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M.Co.

Le Kern donne le feu vert pour investir dans la mobilité. Priorité au RER pour décongestionner les routes.

Le ministre fédéral de la Mobilité aura pratiquement mis six mois mais il y est parvenu. Ce jeudi, François Bellot (MR) est venu chercher, auprès du Premier et des quatre vice-Premiers ministres, un accord de principe sur un large emprunt d’un milliard d’euros destiné à financer des investissements lourds en matière de mobilité. Une partie de cette manne étant bien sûr destinée à financer la finalisation du RER côté wallon. Un enjeu à la fois très concret et très important politiquement pour le MR, unique parti francophone de l’attelage fédéral. Le ministre libéral a obtenu le feu vert de ses partenaires de majorité (N-VA, CD&V et Open VLD), a appris “La Libre” à bonnes sources. En tout cas, était proche d’un accord…

Petite piqûre de rappel, le libéral avait annoncé ce chiffre d’un milliard au cœur de l’été 2016 alors que Charles Michel lançait l’idée d’un Pacte national pour l’investissement. Ce dernier était chiffré à l’époque à plusieurs milliards d’euros.

Les taux remontent

A l’heure actuelle, ce pacte ne semble pas soulever un enthousiasme débordant au sein d’un gouvernement qui est foncièrement peu favorable à l’endettement. L’aile la plus à droite du gouvernement (N-VA et Open VLD) était d’ailleurs plutôt hostile au projet de M. Bellot. Mais celui-ci était d’autant plus pressé d’agir que les taux auxquels l’Etat peu emprunter commencent à frémir à la hausse. Ils sont déjà à 1 % contre 0,2 % il y a quelques mois à peine. Le kern, ou conseil des ministres restreint, s’est donc mis d’accord pour endetter un peu plus la SNCB et Infrabel, gestionnaire du réseau. Mais également pour augmenter l’effort de l’Etat.

Selon les informations de “La Libre”, l’accord politique de jeudi porte sur un remboursement annuel de 40 millions d’euros (sur 25 ans). L’Etat financerait la moitié sur son budget, la SNCB et Infrabel se partageant le reste de la charge à hauteur de 10 millions chacun. “Le but est de concentrer l’effort financier sur le RER car c’est avec lui qu’on peut agir le plus efficacement contre la congestion automobile”, confie un proche du gouvernement. On peut également s’attendre à des dépenses pour augmenter l’attractivité du rail, entendait-on jeudi.

Les fortunes de la vertu

Le ministre Bellot base la défense de cette politique sur les effets retours de ces investissements pour les caisses de l’Etat. Selon le principe de l’investissement vertueux, les gains économiques engendrés par une amélioration de la mobilité (les entreprises perdent plusieurs milliards chaque année à cause des embouteillages) se répercutent automatiquement sur les finances publiques via l’impôt. Un principe qu’il faudra mettre à l’épreuve de la réalité alors que la finalisation du RER est aujourd’hui programmée pour la fin des années 2020.

François Bellot a par ailleurs annoncé hier qu’il avait été mandaté par le gouvernement pour demander des subsides européens dans deux dossiers précis d’investissement : l’électrification de la ligne Mol-Hamont-Weert (Pays-Bas) et de la construction d’une liaison ferroviaire entre Athus et Mont Saint-Martin (France) “afin de faciliter le transit du trafic de marchandises entre la France et la Belgique”.