Publipart : la Flandre s’organise face à son "publi-scandale"

Al. D.
Publipart : la Flandre s’organise face à son "publi-scandale"
©belga

Lundi, les partis flamands ont réagi tour à tour à l’affaire Publipart qui secoue le Nord du pays.

Ce que d’aucuns - le ministre-Président flamand Geert Bourgeois (N-VA) en tête - qualifiaient encore timidement lundi de petite "piqûre de réveil" en Flandre pourrait sérieusement prendre dans les prochains jours au Nord du pays une tournure similaire à la délicate situation dans laquelle la Wallonie et ses mandataires publics sont embourbés depuis plusieurs semaines consécutives.

Publifin, Publipart, Publilec et la Socofe…

On parle ici du déjà surnommé "scandale Publipart" du nom de ce holding semi-public, filiale de l’intercommunale liégeoise Publifin, ayant rémunéré plantureusement dix-sept administrateurs et qui investirait, entre autres, dans les armes chimiques. Son principal actionnaire, Publilec, est lui-même détenu à 59 % par Publifin et à 12 % par la Ville de Gand. Outre Publilec qui représente près de deux tiers de son capital, Publipart est détenu par Belfius Banque, la société wallonne d’investissement Socofe et du holding flamand de l’énergie (VEH). Autrement dit, Publifin qui est au coeur de l’actuel scandale politico-financier, détient indirectement des parts dans Publipart via deux sociétés, Publilec et la Socofe.

L’effet boomerang, prédit par certains, de l’affaire Publifin s’est ainsi déclenché en Flandre ce week-end après qu’un des mandataires de Publipart, l’échevin socialiste gantois et candidat bourgmestre Tom Balthazar, a annoncé sa démission. L’homme percevait une rémunération de 1600 euros par réunion du holding. Dans la foulée, le président du SP. A, John Crombez, appelait tous les partis à publier sur la toile les mandats et rémunérations de l’ensemble du personnel politique.

Les structures "dérivées" dans le viseur

Lundi, le parti socialiste flamand - soutenu par son partenaire de cartel à la Ville de Gand, Groen - a par ailleurs présenté une batterie de mesures et de propositions, parmi lesquelles son intention de demander à ses mandataires de faire connaître le nom des intercommunales dans lesquelles ils exercent un mandat et le montant de la rémunération qui y est liée. La présidente de l’Open VLD, Gwendolyn Rutten, s’est déclarée pour sa part favorable à un démantèlement du holding. De son côté, le CD&V souhaite rédiger un code s’appliquant aux sociétés à participation publique, dans lequel serait réglée la question des rémunérations, singulièrement au sein des structures dérivées des intercommunales. Le ministre-Président flamand, Geert Bourgeois (N-VA), s’est également exprimé en ce sens, invitant au passage les conseillers communaux à renforcer les contrôles lorsque vient le moment d’examiner les rapports des AG d’intercommunales.

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