Négociations politiques: Le MR va exiger la réforme, voire la suppression, du décret Inscriptions

Négociations politiques: Le MR va exiger la réforme, voire la suppression, du décret Inscriptions
©REPORTERS
Frédéric Chardon

En attendant les premières rencontres avec Benoît Lutgen, au MR, on se prépare évidemment pour le choc. En coulisses, les éminences grises libérales élaborent le "catalogue des horreurs" du MR, c’est-à-dire la liste des mesures chères aux libéraux et qui doivent figurer, à leurs yeux, dans les différents accords de gouvernement. "Il reste deux ans avant les élections de 2019. Le MR veut quelques mesures phares, marquées au fer bleu. On n’a pas le temps de tout réinventer d’ici la fin de la législature", confie un poids lourd du parti.

Pour l’instant, ce travail technique est en cours mais, à bonne source, il nous revient que le MR va réclamer la révision, voire la suppression, du décret Inscriptions (au niveau de la Fédération Wallonie-Bruxelles, donc). Il y avait un deal tacite de la majorité PS-CDH pour laisser vivre ce dispositif extrêmement polémique et voulu, initialement, par le Parti socialiste. En échange de cette paix des braves sur le décret Inscriptions, la ministre actuelle de l’Enseignement, la CDH Marie-Martine Schyns, pouvait avancer sur le Pacte d’excellence.

C’était en 2006, c’était Marie Arena…

Mais, depuis lundi, les cartes sont rebattues. Et le MR veut profiter de la défenestration du PS pour réclamer la peau du décret Inscriptions. Le texte remonte à 2006 : la ministre PS Marie Arena voulait imposer plus de mixité sociale dans les écoles, des procédures d’inscription plus transparentes, etc.

Outre une mise en œuvre catastrophique (on se souvient des files d’attente à Bruxelles devant les établissements scolaires…), le décret n’a pas atteint ses objectifs principaux : la mixité sociale n’a pas été favorisée, l’équité entre les familles n’a pas été améliorée vu la complexité du système et, surtout, la pénurie de places à Bruxelles est toujours une réalité douloureuse pour les parents. En 2016, 259 enfants étaient toujours sans école à deux jours de la rentrée des classes, dont 242 en Région bruxelloise… Le MR, déjà à l’époque, avait demandé la suppression pure et simple du décret.

Suppression de la taxe télé redevance

Voilà pour le volet "Enseignement" des futures revendications libérales. "La Libre" a également pu glaner quelques éléments pour le niveau de pouvoir wallon. Le plus important pour le MR, le plus urgent, c’est la suppression de la taxe télé redevance (qui est perçue par la Région). "Ce n’est toujours pas fait. Pour nous, c’est une condition sine qua non", s’emballe un décideur libéral de premier plan. Pour le reste, sans surprise, le MR va vouloir insuffler une nouvelle politique fiscale wallonne.

Réduction du nombre de fonctionnaires

Autre volet dans les revendications du MR : la gouvernance et l’organisation de l’administration. Le MR va réclamer la rationalisation des structures publiques économiques qui s’additionnent en Wallonie alors qu’elles ont, en gros, le même objet. "Il y a trop d’administrateurs, trop de dirigeants de structures publiques… Le MR va exiger des mesures fortes."

Parmi ces dernières : la réduction du nombre de fonctionnaires wallons par non-remplacement des départs. "La majorité s’y était engagée mais rien n’a été fait depuis", s’énerve encore la même source MR.

Autre mesure marquée du sceau libéral : la dépolitisation de la fonction publique. Lors de son passage au gouvernement wallon (de 2000 à 2004), Charles Michel, alors ministre régional des Affaires intérieures et de la Fonction publique, avait tenté une réforme dans ce but. Mais force est de constater que la plupart des hauts fonctionnaires wallons sont étiquetés PS encore aujourd’hui. Si la future coalition n’arrive pas à les écarter d’une manière ou d’une autre, ils pourraient constituer une force d’inertie face aux réformes du nouveau gouvernement sans le PS.Frédéric Chardon