Elio Di Rupo veut se maintenir à la présidence du PS jusqu’en 2019

Elio Di Rupo veut se maintenir à la présidence du PS jusqu’en 2019
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M. Co.

Elio Di Rupo a une nouvelle fois démontré son goût immodéré pour le marketing politique ce week-end en diffusant une vidéo aux allures de spot publicitaire. Dans ce petit film léché baigné de lumière blanche, l’on voit le président du Parti socialiste dans son bureau immaculé, coucher à l’encre bleue sa biographie, sa vision pour la gauche d’aujourd’hui et de demain. Un peu "too much", le spot annonce la sortie d’un livre intitulé "Nouvelles conquêtes". 329 pages (chez Luc Pire) sur son parcours personnel (sa jeunesse "impécunieuse" notamment) et sur les principes forts qu’il soutient pour moderniser le programme d’un parti aux abois.

Ecosocialisme, partage du temps de travail, hausse des revenus des ménages, individualisation des droits sociaux sont autant de mesures présentées comme des "contributions personnelles" au chantier des idées, initié par lui-même en vue de renouveler la charpente idéologique du parti. Le signe d’une forme de solitude au sommet du parti, estiment certains au PS. Ce chantier des idées a donné lieu à un rapport présenté lundi en bureau de parti. Il servira de base à un congrès programmatique prévu en novembre.

Le départ de Di Rupo, un chantier en soi ?

"Le seul chantier des idées qui a du sens, c’est celui qui permettra le départ de Di Rupo", entend-on cependant en interne, où l’on décrit un président "de plus en plus isolé" au sommet de l’appareil. "Il n’est plus beaucoup soutenu au sein du G9 (organe informel regroupant les ténors du parti, NDLR)", ajoute un socialiste. Agacé par la question, Elio Di Rupo a affirmé le contraire lors de la présentation de son livre en indiquant que sa présidence ne souffrait pas de contestation. Cet ouvrage "est exactement l’inverse d’un testament", a-t-il ajouté. "C’est une projection dans le futur et j’aimerais pouvoir y travailler dans les 10 années qui viennent. C’est moi qui ai initié le chantier des idées. Je continuerai le travail et j’assumerai mon mandat jusqu’aux élections législatives".

Jusqu’en 2019, le Montois s’accrochera donc à la présidence du PS, qu’il occupe sans interruption depuis 1999. N’en déplaise à Paul Magnette qui, au Soir, répétait qu’il ne briguerait pas la présidence du parti. Du moins tant qu’Elio "n’ouvrait" pas lui-même sa succession. Pressé par une forte demande interne de renouvellement, l’ex-ministre président wallon en profitait pour se déclarer candidat, le cas échéant. "En fait il a demandé à Di Rupo de partir", ont lu certains dans les rangs socialistes.

Le PS n’y est pas encore, donc. D’ailleurs aucun cador socialiste ne réclame ouvertement un changement à la tête du parti. En dépit des difficultés d’Elio Di Rupo à incarner un changement rendu indispensable par les affaires et l’isolement politique croissant du PS.

De son côté, Laurette Onkelinx a annoncé qu’elle ne cumulerait pas ses mandats de chef de groupe à la Chambre et de présidente de la Fédération bruxelloise du PS. Sa décision sera communiquée en septembre, confirme sa porte-parole. La situation de la Schaerbeekoise est, pour cause, relativement délicate. Ayant durement traité ses camarades wallons suite à l’affaire Publifin, elle a aussi tardé a lâché Yvan Mayeur, lessivé par le scandale du Samusocial. L’épisode aura définitivement abimé l’aura de ce pilier historique du PS ainsi que ses soutiens internes, en Wallonie comme à Bruxelles. Voilà des années qu’avec le président Di Rupo, elle entretient l’équilibre d’une ancienne distribution des rôles. Quoiqu’on en dise, le boulevard de l’Empereur vit bien la fin d’une époque.