L'opposition inquiète devant la libéralisation des services postaux

Belga
L'opposition inquiète devant la libéralisation des services postaux
©Jean-Luc Flémal

L'opposition au parlement fédéral a exprimé mercredi plusieurs craintes à propos d'un projet de loi sur le service postal. Le texte transpose une directive européenne et coordonne les dispositions éparses qui régissent ce secteur. Il modernise aussi certaines règles au regard de l'évolution de la société où la communication électronique a pris une place prépondérante. L'opposition redoute une privatisation accrue de la poste belge et les effets d'une logique commerciale qui négligerait les régions rurales.

L'enjeu de bpost aujourd'hui est tout à la fois de garantir le service postal universel à la population à un prix abordable, sans qu'il ne devienne une charge pour les finances de l'Etat, et de permettre à l'entreprise d'occuper une place majeure dans le commerce électronique, a expliqué le ministre de la Poste, Alexander De Croo, devant la commission Infrastructure de la Chambre.

Certaines dispositions ont fait parler d'elles, notamment quand elles prévoient la possibilité sous certaines conditions de renoncer à une tournée 5 jours par semaine comme c'est le cas actuellement. Le point n'a pas beaucoup fait débat vu l'évolution des modes de communication. La "solidarité territoriale" a en revanche suscité plus de questions, parfois très concrètes comme lorsqu'il s'agit du "rôle social du facteur" qui constitue parfois l'un des rares contacts humains de personnes esseulées. "Les zones rentables doivent permettre de financer un service dans les zones moins densément peuplées", a averti Laurent Devin (PS), rejoint par Michel de Lamotte (cdH): "Un Belge égale un Belge, qu'il habite dans un territoire peuplé ou moins densément peuplé".

L'entrée de nouveaux acteurs inquiète également. Certains verrous, contestés par la Commission européenne, ont été levés. La N-VA s'est réjouie de la véritable libéralisation décidée par le gouvernement, au contraire du gouvernement précédent. "On aurait dû voir arriver de nouveaux opérateurs mais il y avait trop de barrières", a souligné Peter Dedecker.

Si bpost, l'opérateur historique, a survécu, c'est grâce au cadre légal tracé par les gouvernement précédents, a fait remarquer David Geerts (sp.a), rappelant l'exemple de la Suède où l'entreprise postale historique a fait faillite. Ecolo s'inquiète des conditions sociales qui seront imposées aux travailleurs de nouveaux "entrants" dans le système. La garantie du "level playing field social" paraît trop peu précise aux yeux de Gilles Vanden Burre (Ecolo).

Le ministre répondra aux questions dans deux semaines.