Willy Borsus: "Pas de place en Belgique pour ceux qui combattent nos valeurs"

Willy Borsus (MR) tire un bilan de ses 9 mois comme ministre-président wallon : un discours axé développement économique, mais aussi intégration et immigration.

Adrien de Marneffe
Walloon Minister President Willy Borsus poses for the photographer on the fifth day of a state visit of the Belgian Royals to Canada in Montreal, Canada, Friday 16 March 2018. BELGA PHOTO BENOIT DOPPAGNE
Walloon Minister President Willy Borsus poses for the photographer on the fifth day of a state visit of the Belgian Royals to Canada in Montreal, Canada, Friday 16 March 2018. BELGA PHOTO BENOIT DOPPAGNE ©BELGA

Dans la Dernière Heure, Willy Borsus (MR) tire un bilan de ses 9 mois comme ministre-président wallon : un discours axé développement économique, mais aussi intégration et immigration.

Vous avez récemment, avec la ministre Alda Greoli, renforcé le parcours d'intégration en Région wallonne pour les nouveaux arrivants.

" Oui, nous avons triplé le nombre d'heures de citoyenneté, qui passeront à 60. Les heures de français passeront quant à elles de 100 à 400. Notre volonté est de multiplier par trois ou quatre le nombre d'inscrits au parcours d'intégration. C'est une action qui est très offensive."

Certains au MR ont plaidé pour un parti de droite décomplexée, notamment sur le plan de l'immigration. Et vous ?

" Ma position est très claire. Nous assumons notre devoir humanitaire et notre mission d'accueil. Mais il ne faut certainement pas aller plus loin. Je veux être encore plus net : si on est accueilli en Belgique, si on vit en Belgique, on doit respecter nos valeurs, s'y intégrer. Et faire les efforts nécessaires pour vivre de façon harmonieuse dans notre société. Cela implique de respecter nos fondamentaux d'égalité hommes-femmes, et de démocratie. Il n'y a aucun espace de négociation là-dessus."

C'est la doctrine du MR ?

"Je rappelle que pendant un an, à l'initiative d'Olivier Chastel, nous avons réexaminé l'ensemble de nos fondamentaux, de nos priorités. Ce travail gigantesque a donné lieu à un congrès à Ciney, pour l'adoption de notre ligne à la quasi-unanimité."

L'identitaire sera un thème de campagne de la N-VA. Au MR, on a le sentiment que certains, comme Christine Defraigne, penchent plutôt à gauche, d'autres, plutôt à droite.

"Je ne dirais pas cela. Il y a chez nous un très large consensus sur cette position, que je viens de résumer. Outre les devoirs humanitaires et juridiques que nous assumons, nous avons un message ferme : pas d'immigration illégale. Si on vient chez nous, on demande le statut de réfugié. Si on ne le fait pas, on est un illégal. Par ailleurs, si on obtient le statut pour rester en Belgique, on fait les efforts pour s'intégrer. Il n'y a pas de place en Belgique pour des gens dont l'objectif est de combattre les valeurs du pays qui les accueille. Cette position est très largement consensuelle au sein du MR."

Ce sera un de vos thèmes de campagne au niveau wallon ?

" Nous n'avons pas encore défini ces thèmes. Nous ne sommes là que depuis neuf mois ! "

Que pensez-vous de la proposition d'André Antoine (CDH) ?

"Il veut qu'il y ait une immigration supplémentaire, et choisie, qui soit organisée en Wallonie. Je suis totalement contre ce qu'il propose ! Je ne peux pas être plus clair que cela."

Le CDH semble repositionner sa ligne. Dans le dossier des visites domiciliaires, pour la première fois en neuf mois, ils ont voté différemment du MR. Cela vous inquiète ?

"Depuis juillet, on nous prédit les pires catastrophes. Je constate qu'aucune ne s'est produite. Une sensibilité différente s'est exprimée sur une résolution qui n'était pas une compétence du parlement wallon. Ce n'est pas parce qu'on fait une coalition qu'on devient des jumeaux parfaitement identiques."

"Le décollage de la Wallonie, c'est Maintenant !"

Le Marchois veut réformer, et vite. "La Wallonie n'a plus le temps. Ça fait 30 ans qu'on me dit : 'La Wallonie va aller un peu mieux.'"

Willy Borsus: "Pas de place en Belgique pour ceux qui combattent nos valeurs"
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Vous présidez depuis 9 mois une majorité sans le PS. En quoi seriez-vous un meilleur ministre-président que Paul Magnette (PS) ?

"Je suis tout entier orienté résultats. Je veux que, de façon rapide, on puisse mesurer à quel point la Wallonie évolue. Je suis un pragmatique, sans juger mon prédécesseur. Car je suis là pour gérer le présent et l'avenir, pas pour discuter des 25 dernières années… Je ne juge que les chiffres, les résultats, qui sont incontestés. La photographie de l'état économique de la Wallonie, réalisée par l'IWEP S, le montre. J'essaye de mesurer tous les atouts de la Wallonie, d'en faire éclore d'autres, pour créer des leviers d'avenir. Avec toute l'équipe gouvernementale, je pense que nous y arriverons."

Quel bilan tirez-vous de vos 9 premiers mois ?

"Regardez le panel de ce que nous avons réalisé : nous avons pris un nombre de décisions impressionnant. La suppression de la téléredevance, la réforme des points APE (emploi), les droits d'enregistrement pour un logement, le plan wallon d'investissement, la réforme de la gouvernance, la réforme fiscale… Tout cela en 8 mois et demi ! On n'a jamais autant réformé en aussi peu de temps en Région wallonne. Nous voulons du changement et des résultats. Tout en faisant cela, nous gardons le souci du retour à l'équilibre budgétaire. La Région wallonne doit avoir un budget à l'équilibre d'ici à 2020. Notre prébudget présentait un déficit de 370 millions €. Il ne sera que de 270 millions €, grâce à une amélioration de 100 millions € du budget définitif."

Vous avez dit vouloir faire décoller la Wallonie. Mais il est pour quand ce décollage ?

"C'est maintenant ! Le changement, c'est maintenant (sic). Ce n'est pas une formule. Il faut savoir que les mécanismes de solidarité de financement de la Région wallonne seront décroissants après 2025."

Qu'est-ce que cela signifie ?

"Que la Wallonie n'a plus le temps ! Ça fait 30 ans qu'on me dit : 'La Wallonie va aller un peu mieux.' Mais les chiffres sont là : le taux de chômage est toujours le double de celui de la Flandre."

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