La N-VA lance une campagne aux relents extrêmes contre le pacte de l’Onu

Picture regarding the Belga article "La N-VA lance une campagne choc contre le pacte", distributed today, in BRUSSELS. BEST QUALITY AVAILABLE - BELGA PHOTO QUENTIN JORIS
Picture regarding the Belga article "La N-VA lance une campagne choc contre le pacte", distributed today, in BRUSSELS. BEST QUALITY AVAILABLE - BELGA PHOTO QUENTIN JORIS ©BELGAONTHESPOT
Sarah Freres

En début d’après-midi ce mercredi, la N-VA lançait une campagne choc sur les réseaux sociaux expliquant pourquoi elle s’oppose au pacte sur les migrations de l’Onu. Très vite, ces images - prises en Allemagne en 2017 et déjà utilisées par le parti d’extrême droite allemand AFD - diffusées sur Twitter suscitent l’indignation. Les députés de la commission Relations extérieures sont alors en train d’écouter attentivement les arguments d’experts (invités à la demande de la majorité - N-VA comprise - la semaine dernière) sur, entre autres, le caractère non-contraignant du texte onusien. Dans le même temps, un kern est sur le point de commencer avant d’être reporté.

Alors que le gouvernement essaie toujours de trouver une solution pour sortir de la crise, cette campagne semble sonner le glas de tout compromis sur le pacte. Elle se décline en plusieurs messages accompagnés d’images (femmes en burqa, migrants traversant la Méditerrannée ou en file indienne) répondant à la rhétorique de l’extrême droite (voir ci-après). En fin d’après-midi, la N-VA rétropédalait, arguant que "notre campagne et les images qui l’accompagnaient ont raté leur but et ont donc été mal comprises".

Depuis, les images ont été effacées sur Twitter (mais le mal est déjà fait, les captures d’écran continuent de circuler et les réactions indignées fusent de toute part) et remplacées par celles du drapeau des Nations-Unies, alors que Filip Dewinter (Vlaams Belang) jalousait presque la campagne de ses compatriotes flamands. "Même le plus grand parti de ce pays nous suit dans nos campagnes. Mission accomplie".

Pacte migratoire = accès à la sécurité sociale, même pour les illégaux

La N-VA lance une campagne aux relents extrêmes contre le pacte de l’Onu
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Le texte établit 23 objectifs, dont l’un qui porte effectivement sur l’accès à la protection sociale pour les travailleurs migrants (qui ne sont donc pas en situation de séjour irrégulier).

Pacte migratoire = assouplissement des procédures de regroupement familial

La N-VA lance une campagne aux relents extrêmes contre le pacte de l’Onu
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L’objectif 16 du pacte promeut l’autonomisation des migrants, notamment via le regroupement familial. L’objectif 5 vise à optimiser les voies de migration légale (puisque la migration illégale n’est pas tolérée) en facilitant l’accès à la procédure du regroupement familial, intimement lié au droit de vivre en famille, "pour les migrants de tous niveaux de qualification". Ce mercredi après-midi, l’ambassadeur de la Belgique auprès des Nations unies, Jean-Luc Bodson, expliquait qu’à la demande l’Office des étrangers et d’autres pays comme les Pays-Bas, le Danemark et la Grande-Bretagne, la notion de regroupement familial a été affaiblie dans la version originale du texte onusien pour être nuancée et coller à la pratique belge.

Pacte migratoire = focus sur le maintien de la culture d’origine des migrants

La N-VA lance une campagne aux relents extrêmes contre le pacte de l’Onu
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L’objectif 16 vise à promouvoir le respect mutuel pour les cultures, des traditions et des coutumes à la fois des pays de destination et des migrants afin de permettre la meilleure intégration possible.

Pacte migratoire = difficulté d’organiser les retours

La N-VA lance une campagne aux relents extrêmes contre le pacte de l’Onu
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Sur le site internet de la N-VA, d’autres arguments sont mis en avant. Les nationalistes considèrent que le pacte ne fait pas de distinction claire entre la migration illégale et légale et rend difficile la détention et le retour des migrants clandestins. Or, le pacte dicte des bonnes pratiques en matière de lutte contre le trafic d’êtres humains (notamment en renforcement la collaboration internationale). En outre, Jean-Luc Bodson, négociateur belge, rapportait encore que la décriminalisation de l’immigration irrégulière, qui figurait à l’origine dans le pacte, a été effacée dans sa version finale. Concernant le retour des migrants en situation irrégulière, un des objectifs du pacte vise à faciliter les retours, notamment en promouvant les accords de réadmission avec les pays d’origine. On notera au passage que Theo Francken, secrétaire d’État à l’Asile et la Migration, se vante régulièrement des accords de réadmission qu’il a obtenus depuis son entrée en fonction. La critique de la N-VA est donc contradictoire.