Charles Michel doit-il demander la confiance du parlement?

Charles Michel doit-il demander la confiance du parlement?
©BELGA
Belga

C'est la question que beaucoup se posent ce lundi matin.

Du côté du CD&V et du MR, on soutient également le Premier ministre

Il revient au Premier ministre d'estimer si le nouveau gouvernement Michel II doit demander le soutien du parlement, a indiqué lundi à son arrivée au Bureau du CD&V, le chef de groupe à la Chambre Servais Verherstraeten. "Le plus important est que le Premier ministre aura des contacts avec tous les groupes politiques au parlement sur le suivi des dossiers parlementaires", a-t-il précisé. Lundi matin, l'ex-secrétaire d'Etat à l'Asile et la Migration Theo Francken (N-VA) a estimé sur la VRT que la confiance à Michel II devait être demandée au parlement. Il juge "frivole" la manière dont le nouveau gouvernement interprète la Constitution.

Le président du MR Olivier Chastel a quant à lui affirmé lundi matin sur La Première (RTBF) que l'actuelle équipe se concentrerait sur des priorités héritées de l'ancienne équipe. "Il n'y a pas eu de prestation de serment de nouveaux ministres", a-t-il fait observer. "C'est un gouvernement Michel restreint, centré sur des priorités tirées du programme de gouvernement précédent, c'est un gouvernement qui veut terminer cette législature", a-t-il précisé.

"Tous les membres de ce gouvernement étaient déjà ministres ou secrétaires d'Etat avant ce week-end. Ils sont donc opérationnels immédiatement afin de poursuivre pour quelques mois la concrétisation de projets essentiels", a communiqué le Mouvement réformateur à l'issue de la réunion du Conseil.

Le Roi a accepté dimanche la démission des ministres et secrétaires d'Etat N-VA Jan Jambon, Johan Van Overtveldt, Sander Loones, Theo Francken et Zuhal Demir, et a nommé ministres Philippe De Backer (Open Vld) et Pieter De Crem (CD&V), anciennement secrétaires d'Etat.

Remerciant les ministres N-VA pour le travail accompli, le Premier ministre Charles Michel a présenté dimanche les priorités de sa nouvelle équipe, resserrée sur le pouvoir d'achat, la sécurité et le climat. Il entend consulter les groupes parlementaires dans les prochains jours.

Pour le Conseil du MR, il est essentiel que ce gouvernement restreint soit concentré sur son travail jusqu'à la fin de la législature, afin de répondre aux préoccupations citoyennes. "Nous n'étions pas favorables à des élections anticipées car notre pays a besoin de stabilité", a ajouté Olivier Chastel dans un communiqué.

Charles Michel doit-il demander la confiance du parlement?
©BELGA


Le gouvernement remanié gouvernera au cas par cas, cherchant le soutien de tout ou partie de l'opposition dossier par dossier. Or, il risque d'être confronté à un choix global dès le début. Sur les plateaux de télévision dimanche, même si les accents variaient, les représentants socialistes, écologistes, du cdH et de DéFI se sont montrés clairs: si l'équipe Michel II va chercher la N-VA pour voter son budget, elle signifie qu'en fait elle poursuit la même politique qu'avant. Dans ce cas, les chances d'un soutien futur sont compromises.

"Le Premier ministre doit demander la confiance du parlement"

Le Premier ministre Charles Michel devrait présenter une déclaration gouvernementale au parlement afin que celui-ci puisse en débattre et ensuite voter une motion de confiance, a estimé lundi le constitutionnaliste Mathias El Berhoumi (Université Saint-Louis).

"On est manifestement devant un nouveau gouvernement. Le départ de la N-VA, le plus gros parti de la coalition, constitue un changement majeur", analyse le professeur de l'Université Saint-Louis, alors que Charles Michel a acté samedi le retrait des nationalistes flamands de son exécutif, désormais minoritaire, et répartit leurs compétences parmi les trois partis restants.

Le fait que le gouvernement ait avancé de nouvelles priorités - le pouvoir d'achat, la sécurité et le climat - justifie d'autant plus le passage devant le parlement, selon M. El Berhoumi.

L'absence d'un vote sur une motion de confiance au parlement ne "permettrait pas de clarifier le jeu d'un gouvernement minoritaire", auquel il manque 24 sièges pour atteindre la majorité, insiste-t-il. "La question se pose donc de savoir quels seront les rapports entre les partis d'opposition et ce gouvernement."

Sur le même sujet