"Sans programme de relance sociale, ni confiance ni soutien" dit le PS, les écologistes vont soutenir la méfiance si Michel ne change pas de politique

Les écologistes vont soutenir la méfiance si Michel ne change pas de politique, "Sans programme de relance sociale, ni confiance ni soutien" dit le PS
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Les écologistes appuieront une motion demandant le retrait de la confiance au gouvernement Michel II s'il ne change pas de politique climatique et sociale et qu'il ne renonce pas à l'emprise de la N-VA, a indiqué mardi à la Chambre le chef de groupe Ecolo-Groen Kristof Calvo.

"L'alternative sera: continuer avec la N-VA ou choisir une coalition volontaire avec les libéraux et chrétiens-démocrates", a indiqué M. Calvo, prêt à soutenir une équipe gouvernementale en faveur d'une politique climatique et de mobilité ambitieuse, qui renonce à la dégressivité accrue des allocations de chômage, qui ramène les allocations au-dessus du seuil de pauvreté.

Avec nous il n'y aura pas de "cahier Atoma", a encore dit Kristof Calvo en référence à l'accord secret prêté à la Suédoise pour préparer la prochaine révision constitutionnelle. Le chef de groupe écologiste ne comprend pas que le Premier ministre n'a rencontré que la seule N-VA durant le week-end dernier. Il l'appelle à renoncer à un parti qui le considère désormais ouvertement comme sa marionnette.

"Cette situation est intenable, ou bien vous changez de politique, vous prenez la main tendue, ou bien vous nous obligez à soutenir une motion de méfiance, vous allez chez le roi et vous vous mettez en affaires courantes", a conclu Kristof Calvo.

Le sp.a devrait déposer une motion de méfiance si le Premier ministre Charles Michel n'annonce pas un véritable changement de cap.

Le cdH redépose ses propositions sous forme de motion de recommandation

La cheffe de groupe cdH Catherine Fonck a redéposé sous forme de motion de recommandation les propositions de son parti pour une politique climatique ambitieuse, le pouvoir d'achat, les soins de santé, les pensions, les carrières, le prix de l'énergie. Le cdH est prêt à répondre à la main tendue du gouvernement minoritaire s'il s'inscrit dans ces propositions qui permettront, a-t-elle dit, d'éviter la paralysie dans les prochains mois et empêcher le confédéralisme souhaité par la N-VA.

Mme Fonck a dénoncé l'attitude "violente" de la N-VA tout au long de la législature qui n'empêche pas, selon elle, le Premier Charles Michel de tenter de sauver le mariage de son gouvernement.

Il faut empêcher l'ouverture qui a été faite au confédéralisme, à travers l'accord secret sur l'article 195 de la Constitution autorisant la révision potentielle de l'ensemble de la loi fondamentale. Il faut "renoncer à la haine" et choisir une politique de justice, d'équité, une politique sociale et de coopération, a conclu Mme Fonck.

"Sans programme de relance sociale, ni confiance ni soutien" dit le Ahmed Laaouej (PS)

Le chef de groupe PS Ahmed Laaouej a exigé du Premier ministre Charles Michel qu'il présente un véritable programme de relance sociale sans quoi les socialistes ne pourront lui apporter la confiance. "Montrez nous, démontrez-nous, pas juste pour sauver la face du gouvernement, montrez-nous une véritable détermination sur la base d'un vrai programme de relance, dans le respect de ce que disent les constitutionnalistes, sans quoi vous n'aurez ni confiance ni soutien", a indiqué M. Laoouej, se référant aux 13 exigences socialistes pour une autre politique sociale.

Comme ses homologues Ecolo-Groen et cdH, le chef de groupe PS a constaté les dégâts commis à leurs yeux durant quatre an et demi par la N-VA, jusqu'à remettre en cause les institutions démocratiques du pays, à s'en prendre au Premier ministre, réduit à l'état d'ilote de nationalistes prêts à en faire leur "marionnette". Et pourtant, malgré les "outrances" et les "offenses", le MR aura gouverné avec la N-VA durant plus de 1.500 jours, le Premier ministre allant jusqu'à les remercier et continuer à négocier avec elle, a dénoncé M. Laaouej. Ce dernier a mis en garde face au risque de menace pour l'intégrité de l'Etat belge avec une révision constitutionnelle qui préparerait au confédéralisme.

DéFI demande un stop budgétaire et institutionnel

Le président de DéFI Olivier Maingain a demandé au Premier ministre Charles Michel mardi un report du vote du budget, et à l'ensemble des partis francophones de s'accorder sur un "stop institutionnel" de longue durée afin d'évaluer les dernières réformes de l'Etat, sources à ses yeux de nombreux imbroglios et incohérences. "Il s'agit de refuser une révision constitutionnelle qui conduirait à l'ornière institutionnelle dont veut la N-VA, fermer la porte à l'article 195, à tout article qui ferait évoluer vers le confédéralisme. Dites-le ouvertement", a lancé M. Maingain à l'adresse du Premier ministre après les dernières velléités nationalistes.

"Le gouvernement est déjà mort, la rue a voté la méfiance" (PTB)

Pour le député Raoul Hedebouw (PTB), "le gouvernement est déjà mort depuis longtemps, seul le Premier ministre Charles Michel ne semble pas encore le savoir". Raoul Hedebouw a évoqué les manifestations qui ont eu lieu vendredi à Gand, Liège, Bruxelles pour contester la réforme des pensions. Dans la rue, les citoyens, les représentants syndicaux et les gilets jaunes ont déjà "voté la méfiance" au gouvernement, a-t-il souligné.