Theo Francken : "Que Charles Michel paie les conséquences de ses actes" (toutes les réactions politiques)

Frédéric Chardon (avec Rédaction en ligne et Belga)

Charles Michel a présenté ce mardi sa démission au Roi.


L'ex-secrétaire d'Etat Theo Francken (N-VA) s'est montré corrosif mardi soir vis-à-vis du Premier ministre démissionnaire Charles Michel. "Qu'il paye les conséquences de ses actes", a-t-il lancé dans une petite vidéo sur Facebook. "Le Premier ministre a laissé tomber, c'était inévitable après avoir flanqué la N-VA à la porte", a-t-il réagi. Il a cru, après avoir bénéficié d'un large soutien parlementaire pour le pacte de l'Onu sur les migrations, "qu'il disposait de la majorité des deux tiers à la Chambre". Mais "il a échoué, qu'il paie les conséquences de ses actes", a-t-il conclu. Theo Francken a dit "regretter profondément" que Charles Michel a dû proposer au Roi la démission de son gouvernement parce que... "pendant quatre ans et demi nous avons parfaitement collaboré".

Peter De Roover : "Il n'y avait visiblement pas de plan B"

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La N-VA espère qu'on ne se retrouvera pas avec "cinq mois de chaos", a indiqué mardi le chef de groupe à la Chambre Peter De Roover selon qui "il ne faut pas avoir peur du jugement de l'électeur". "Il n'y avait visiblement pas de plan B", a constaté le chef de groupe N-VA Peter De Roover dont le parti a quitté il y a dix jours le gouvernement Michel devenu minoritaire. "Tenter un petit virage à gauche n'a visiblement pas convaincu", a-t-il ajouté, assurant ne pas verser dans l'euphorie. Peter De Roover a répété avoir été prêt à soutenir les accords de la coalition suédoise moyennant certaines garanties qui ne sont pas venues. "Si j'entends ce que le Premier ministre a annoncé dans son catalogue, on peut comprendre à quel point nous étions méfiants", a-t-il ajouté. "Nous n'aurions absolument pas pu nous retrouver dans une ouverture à gauche".

Selon la présidente de l'Open Vld Gwendolyn Rutten, il avait été convenu avec les partenaires du gouvernement minoritaire de ne pas poursuivre l'aventure si une motion de méfiance était annoncée. "Le PS et le sp.a ont déposé cette motion, un signe que vous ne voulez plus discuter", a-t-elle dit. Mme Rutten a loué l'action du Premier ministre "parce qu'il a essayé jusqu'au dernier moment de maintenir son gouvernement sur pied". La présidente de l'Open Vld a répété mardi soir qu'elle tenait au budget. Selon elle, il y avait un accord au sein du gouvernement pour le faire voter, et ne recourir aux douzièmes provisoires qu'après avoir constaté qu'il n'y avait, le cas échéant, pas de majorité pour le soutenir. La présidente de l'Open Vld regrette que l'agenda socio-économique du gouvernement Michel n'a pas pu être achevé. Elle en veut à la N-VA d'avoir poussé à des élections anticipées. "Lorsque vous mettez le confédéralisme sur la table, vous savez que le MR et l'Open Vld ne peuvent pas suivre".

Olivier Chastel : "L'opposition socialiste et écologiste voulait un trophée et l'a eu"

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"Va-t-on vers des élections anticipées ou des affaires courantes ? Je n'en sais rien. Charles est allé très loin dans ses propositions de travail en collaboration avec le parlement, plus rien n'aurait été décidé sans l'aval des députés. Malgré tout cela, les socialistes et les verts ont déposé une motion de méfiance. L'opposition voulait son trophée de chasse... Il faudra qu'on m'explique la différence entre les affaires courantes qui commencent maintenant et ce que Charles proposait comme méthode de travail", a réagi Olivier Chastel, le président du MR, qui a assisté aux débats à la Chambre en tant que député fédéral.

"L'opposition socialiste et écologiste voulait un trophée et l'a eu", a estimé mardi soir le chef de groupe MR David Clarinval. "Il y a eu un refus de la main tendue alors que le Premier ministre avait été très loin dans des propositions concrètes" de coopération avec le parlement, notamment sur la baisse de TVA sur l'électricité, le pouvoir d'achat, l'accord interprofessionnel, a ajouté M. Clarinval. "On a bien compris durant l'interruption de séance que l'opposition voulait la tête du Premier ministre, cela a été confirmé avec l'annonce du dépôt d'une motion de méfiance".

Le vice-premier ministre MR Didier Reynders a pointé mardi soir la responsabilité des écologistes dans la démission du gouvernement Michel. "On ne s'inscrit pas le matin dans une concertation sur des objectifs climatiques plus ambitieux pour refuser le soir la main tendue du gouvernement en cosignant une motion aux objectifs stupides", a-t-il réagi. Interrogé sur l'éventuelle responsabilité de la présidente de l'Open Vld Gwendolyn Rutten dans la démission du gouvernement, M. Reynders a indiqué ne pas lire tous les tweets. Mme Rutten avait fait connaître dans un tweet l'attachement des libéraux flamands au budget du gouvernement et au jobsdeal que le Premier ministre venait de soumettre à la concertation parlementaire.

Di Rupo : "Le Premier ministre est le responsable"


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Le gouvernement a éclaté sous la pression de la N-VA, puis ce soir, de l'Open Vld, a indiqué mardi le président du PS Elio Di Rupo après le tweet envoyé par la présidente des libéraux flamands disant son attachement au budget et au jobsdeal, que le Premier ministre venait de soumettre à la concertation parlementaire. "A partir de là, la démission devenait inévitable", a réagi M. Di Rupo selon qui, en dépit de l'annonce du dépôt d'une motion de méfiance, l'opposition n'est "en rien responsable" de la démission. "Le Premier ministre est le responsable. Ce n'est pas l'opposition qui a gouverné pendant quatre ans et demi et créé tant de déchirure sociale, surtout dans la partie francophone du pays", a précisé le président du PS qui n'est pas partisan d'élections anticipées.

"Charles Michel n'a pas convaincu l'opposition démocratique. On n'a pas eu grand chose commfe concessions. Il a sabordé lui-même son propre budget. Il a enfoncé le clou du cercueil du gouvernement. Charles Michel a créé de l'instabilité. Je vois une opportunité de redonner espoir à la population. Ce qu'on veut c'est qu'on vienne avec un vrai plan de relance social. C'est ça qu'on lui a demandé et il n'est venu avec aucune proposition concrète", a déclaré Ahmed Laaouej, chef de groupe PS à la Chambre au micro de la RTBF.

“Il faut tourner la page de ce gouvernement MR-N-VA. Après ça, il y a un Parlement, des propositions écologistes. Le fait d’aller en affaires courantes clarifiera les choses et cela permettra aux écologistes de faire des propositions pour résoudre les problèmes sociaux. N’y a-t-il pas moyen de trouver des majorités au Parlement sur ces sujets? Je pense que oui”, a réagi Jean-Marc Nollet sur la même chaîne.

"Le Premier ministre, Charles Michel, a été torpillé par ses partenaires de coalition", a souligné mardi le président du cdH, Benoît Lutgen, en faisant allusion au message lancé sur twitter par la présidente de l'Open Vld, Gwendolyn Rutten. "Le Premier ministre a fait aveu de son bilan en matière sociale, de pouvoir d'achat, de climat. Nous attendions nous de passer du constat au concret, que l'on nous dise par exemple: voilà ce qui sera dégagé en matière de soins de santé, voilà la diminution de la TVA sur l'énergie, etc. Nous lui laissions 48 heures pour préciser sa feuille de route, jusqu'à ce que Mme Rutten (présidente de l'Open Vld) envoie un tweet qui dit: on a bien travaillé et on va continuer comme ça. Elle a éteint la lumière et refermé la porte derrière elle", a souligné Benoit Lutgen.

Maingain : "Je ne ferai pas la politique du pire"


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DéFi s'est dit prêt à prêter son concours à des initiatives du parlement qui permettraient de répondre aux demandes des citoyens d'ici aux élections du 26 mai, a indiqué son président, Olivier Maingain, à la suite de la démission du gouvernement Michel. "Cette chute était inéluctable. L'appel Premier ministre n'a même pas convaincu ses partenaires de gouvernement. Aujourd'hui, le Premier ministre n'a plus la main", a souligné M. Maingain. "L'issue, c'est un gouvernement en affaires courantes jusqu'en mai. Cela n'empêchera pas le parlement d'adopter certaines propositions, notamment en matière de pouvoir d'achat. Je ne ferai pas la politique du pire, je ne chercherai pas à déstabiliser les institutions comme certains ont tenté de le faire", a-t-il ajouté.