Le CDH quittera le PPE si Viktor Orban y reste. Enfin, peut-être...

Le CDH est prêt à quitter le Parti populaire européen (PPE) si ce dernier n'exclut pas de ses rangs le Fidesz du Premier ministre hongrois Viktor Orban, a affirmé la cheffe de file des humanistes bruxellois Joëlle Milquet, contredisant des propos de la tête de liste CDH à l'Europe, Benoît Lutgen.

Exclusion du parti d'Orban du PPE: quand Joëlle Milquet prend à revers Benoît Lutgen
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“Ce sera eux ou nous”, disait le président Prévot, vendredi. Milquet appuie. Lutgen est plus ambigu. La confusion règne.


Étrange confusion que celle née lundi dans les rangs du CDH concernant son avenir au sein du Parti populaire européen (PPE).

Jeudi dernier, le président centriste Maxime Prévot réclamait l’exclusion du Fidesz, le parti du Premier ministre hongrois Viktor Orban, du PPE. Son courrier, envoyé au président du PPE, était cosigné par ses homologues du CD&V, Wouter Beke, et du parti démocrate-chrétien luxembourgeois. D’autres représentants du PPE se sont ensuite joints à la demande.

Vendredi, M. Prévot tapait sur le clou. “Le Fidesz est très éloigné du respect des droits humains et des valeurs humanistes que nous défendons”, disait-il en marge d’une conférence de presse du CDH liégeois (lire La Libre de samedi). Il se montrait alors très clair : “Ce sera eux ou nous. Il ne sera plus possible pour nous de siéger au PPE si le Fidesz y reste. […] Lorsque je suis devenu président, j’ai dit que le CDH aurait désormais une expression plus nette, plus tranchée, plus assumée. En voici l’illustration”, ponctuait-il.

Trois jours plus tard, pourtant, une déclaration de l’ancien président du CDH, Benoît Lutgen, désigné tête de liste pour les élections européennes du 26 mai, a jeté le trouble. Son parti est-il prêt à claquer la porte du PPE ? Non”, en tout cas pas dans l'immédiat, a-t-il répondu, lundi, dans Le Soir. “Orban ne va pas polluer l’ensemble du PPE, même si certains pays sont déjà contaminés. L’objectif est qu’il s’en aille, pas nous, qui avons une longue tradition au sein du PPE.” Et d’ajouter : “Mais même si on ne l’exclut pas, il finira par partir rejoindre ses partenaires naturels de la droite radicale.”

Joëlle Milquet prend le contre-pied

Sur Twitter, Joëlle Milquet, également une ancienne présidente du CDH et tête de liste fédérale aux élections du 26 mai, a pris le contre-pied. À la question de savoir l'attitude qu'adoptera son parti si le Fidesz reste au PPE, elle disait, lundi matin : “On quitte”. “Dans l’expression de Maxime Prévot il est écrit “eux ou nous” ! C’est donc assez clair”, a-t-elle précisé dans un second message sur le réseau social.

Le duo Prévot-Milquet est donc favorable au départ du CDH du Parti populaire européen si le Fidesz devait y rester. Benoît Lutgen est, lui, plus ambigu. Étant donné que la ligne défendue par le président de parti est censée être celle qui est portée par ses troupes, on pourrait en déduire que M. Lutgen a, à tout le moins, manqué de précision lorsqu’il a été interrogé par Le Soir. Fin de l’histoire ? Eh bien non… Parce que M. Prévot a ajouté de la confusion à la confusion.

“Pour Maxime Prevot […] et Benoît Lutgen […] seule la question du départ de M. Orban est à l’ordre du jour aujourd’hui. Le populisme, les fake News, la haine de l’autre n’ont pas leur place au sein du PPE. Ils se réjouissent que plusieurs partis et responsables européens du PPE rejoignent cette position et ont écrit en ce sens au président du PPE.”, ont éludé les deux humanistes, lundi après-midi, par voie de communiqué. “C’est bien cette question du départ de M. Orban et de son parti qui est à l’ordre du jour, pas celui du CDH, à ce stade.”

L’expression “nette”, “tranchée” et “assumée” du CDH voulue par son nouveau président demande encore des ajustements.