"Décision incompréhensible", "fausse promesse": Sophie Wilmès sous le feu des critiques en séance plénière

Le comité de concertation va à nouveau se pencher vendredi sur la question de l'autorisation limitée de visites dans les maisons de repos, a déclaré jeudi Sophie Wilmès en séance plénière de la Chambre.

belga

Le comité de concertation va à nouveau se pencher vendredi sur la question de l'autorisation limitée de visites dans les maisons de repos, a déclaré jeudi Sophie Wilmès en séance plénière de la Chambre.

La Première ministre a assuré que la "décision prise (jeudi) l'a été d'un commun accord avec toutes les Régions. Ils ont tous marqué leur accord sur cette proposition."

Mercredi, le Conseil national de Sécurité (CNS) a décidé d'autoriser, sous conditions, les visites d'un proche aux résidents des maisons de repos et des centres pour personnes handicapées afin de lutter contre la détresse psychologique générée par l'isolement.

Ces visites devront toutefois toujours être effectuées par la même personne, vierge de tout symptôme de coronavirus durant les 15 jours précédents. Cette mesure a immédiatement suscité un tollé alors que le virus fait des ravages dans les maisons de repos.

A la chambre, de nombreux députés ont relayé ces inquiétudes. "Cette décision est assez incompréhensible alors qu'elle n'a pas été concertée avec le secteur. Tout le monde le dit, les institutions ne sont pas prêtes", a relevé Patrick Prévot (PS). "Même en faisant la balance entre santé physique et psychologique, ce n'est pas tenable", a lancé François De Smet (DéFI). "Cette reprise (des visites) s'avère être une fausse promesse", a estimé Kristof Calvo (Groen). "Est-ce qu'une seule personne siégeant au Conseil National de Sécurité s'est demandé s'il y avait eu une consultation du secteur et des syndicats ? ", s'est interrogé Peter Mertens (PVDA-PTB). "Pourquoi ne vous êtes-vous pas concertée avec les maisons de repos et n'avez-vous pas identifié les besoins pour y arriver sans risque ? ", a ajouté Catherine Fonck (cdH). "Le matériel et testing sont les deux priorités absolues. Le Conseil National de Sécurité l'a oublié", a renchéri Georges Gilkinet, y voyant une leçon pour l'avenir.

Sophie WIlmès, soutenue par les partis au gouvernement

"Nous avons quelque peu assoupli les règles pour donner un peu d'oxygène", a répondu Sophie Wilmès (MR). "Les magasins de jardinage et de bricolage peuvent à nouveau ouvrir. Les résidents des maisons de repos peuvent recevoir la visite d'une personne désignées au préalable. On ne peut pas nier l'effet psychologique signalé à plusieurs reprises par le terrain et il fallait donner une réponse à cela. La décision a été prise d'un commun accord avec toutes les Régions (compétentes pour les maisons de repos)".

La Première ministre a reçu le soutien des partis membres du gouvernement. "Je ne peux que saluer la décision", a déclaré Florence Reuter (MR). "Comment pouvez-vous comprendre qu'un militaire ou un bénévole puisse arriver en renfort et qu'un seul membre de la famille ne le pourrait pas ? "

Servais Verherstraeten (CD&V) a aussi qualifié la mesure de "bonne décision", mais "qui n'a peut-être pas été communiquée de la bonne manière". "C'est aussi la responsabilité des Régions et des ministres-présidents, qui doivent aussi se concerter avec leurs ministres compétents", a-t-il lancé, sans citer le ministre-président du gouvernement flamand Jan Jambon (N-VA), où siège aussi les chrétiens-démocrates.

Le prochain Conseil National de Sécurité aura lieu le vendredi 24 avril, a en outre confirmé Sophie Wilmès.

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