Magasins rouverts, maisons de repos, déconfinement... Sophie Wilmès revient sur les nouvelles mesures

La Première ministre Sophie Wilmès était invitée sur Bel RTL ce jeudi matin. Elle est revenue sur les mesures prises la veille par le Conseil national de sécurité.

S. Le.

La Première ministre Sophie Wilmès était invitée sur Bel RTL ce jeudi matin. Elle est revenue sur les mesures prises la veille par le Conseil national de sécurité.

Sophie Wilmès a d'abord été interrogée sur le déconfinement, mais a directement été claire: "On n'a pas parlé déconfinement hier. On a parlé prolongation du confinement avec des règles adaptées à cette période particulière. Évidemment, nous travaillons aussi à un déconfinement, parce qu'il doit arriver. Nous souhaitons évidemment qu'il arrive en fonction des possibilités. Et ce déconfinement se passera de manière progressive, graduelle avec un plan d'attaque que nous mettrons au point au fur et à mesure. Il ne sert à rien de se précipiter. C'est délicat, cette situation."

Quant à savoir quand aura vraiment lieu ce déconfinement, la Première ministre refuse de s'avancer: "Premièrement, les mesures qui sont prises actuellement le sont jusqu'au 3 mai. Nous ne souhaitons pas nous enfermer dans un calendrier, parce qu'un calendrier trop rigide nous imposerait par après de pousser ou forcer des décisions qui ne seront peut-être pas matures. C'est toujours la réalité de terrain, la capacité de gérer nos hôpitaux qui va primer dans les décisions que nous prendrons."

"Perspective d'humanité"

La femme politique libérale comprend cependant que les gens ont besoin d'y voir plus clair au niveau des échéances: "Je comprends que le citoyen ait besoin de perspective. Et ce à deux niveaux. Tout d’abord à court terme: 'qu'est-ce que je vais faire ces deux prochaines semaines? Je suis confiné et c'est difficile' . Vous devez respecter les règles mais vous savez que vous pouvez aussi aller dans un magasin de bricolage ou dans une jardinerie pour pouvoir occuper cette période utilement. Vous pouvez également, pour autant qu'une maison de repos souhaite l'organiser, rendre visite à votre papa ou maman qui sont esseulés depuis plusieurs semaines. Il s'agit des maisons de repos mais également des centres d'hébergement pour personnes handicapées. Tout cela fait partie d'une perspective d'humanité. La perspective à plus long terme, c'est effectivement que le 3 mai, il y ait le début du déconfinement. Mais vous dire aujourd'hui, 'ça se passera de telle manière, à telle date précise nous ferons ceci...' , ce serait ne pas avoir compris l'essence même du déconfinement. L'exercice du déconfinement, c'est un exercice hyper délicat qui va exiger de la rigueur au niveau scientifique et de la souplesse au niveau de son application. Donc oui, cela prendra plusieurs mois et ce sera pas à pas, à chaque fois en fonction de l'évaluation de la réalité du terrain. Car quand on décide de déconfiner, ces décisions vont avoir un impact sur la propagation du virus et il va donc falloir monitorer tout cela. Et ce qu'on peut faire, on peut le défaire. Quand on prendra une décision, si on note une propagation du virus suite à cela, on pourra revenir en arrière et attendre avant la prochaine étape."

Outre le déconfinement, Sophie Wilmès est revenue sur les autres mesures détaillées mercredi soir, à commencer par l'ouverture des magasins de jardinerie et bricolage samedi: "Il y aura des contrôles des magasins pour veiller au respect des règles de distanciation. Des fermetures sont toujours possibles mais il faut faire confiance à la population belge. C'est vrai qu'il y a eu des écarts, des incompréhensions et des comportements inacceptables. Mais, pour la plupart, la population est extrêmement respectueuse. Et on continue à faire confiance à ce civisme."

Les visites en maison de repos: "une possibilité, pas une obligation"

Une autre mesure forte prise mercredi est la possibilité pour un membre de la famille d'aller rendre visite dans la maison de repos: "Outre les mesures de distanciation et avoir l'accord du home, il faudra respecter les règles, s'assurer de ne pas avoir été ou être malade. Être seul en tant que vieille personne dans ces maisons de repos, c'est dramatique. Pour les proches aussi. Cette mesure inquiète? Il faut bien se dire que c'est une possibilité, pas une obligation. Et les maisons de repos ont le temps de se préparer. Mais on pense que cette décision peut être une bouffée d'air frais pour ces personnes esseulées. On nous demande de faire venir l'armée dans ces maisons de repos, ou des bénévoles. Nous pensons donc que les familles peuvent aussi y contribuer."

Concernant les personnes âgées toutes seules chez elles, la Première ministre ajoute: "Si elles ne peuvent se déplacer, elles peuvent également recevoir une visite. Et si elles savent se déplacer, comme pour tout le monde, elles peuvent aller se balader accompagnées d'une autre personne".

Une version alternative de la Fête nationale ?

Interrogée sur l'annulation des événements de masse, Sophie Wilmès a apporté des précisions concernant deux événements. "Le Grand Prix de Spa-Francorchamp comme événement de masse, c'est non. Par contre, il faut réfléchir à d'autres perspectives (NDLR: huis clos) . Quand à la Fête nationale du 21 juillet, elle doit être un moment particulier. Une fête à 200.000 personnes dans les rues de la Capitale, ce ne sera pas possible. Mais je suis totalement favorable à faire autre chose, si c'est possible."

En ce qui concerne la réouverture des bars et restaurants, la Première ministre reste très vague: "Nous les rouvrirons à un moment donné. Mais vous comprendrez que nous ne les mettons pas au début de la liste des réouvertures car ils sont, par essence, vecteur de grandes rencontres."

Et Sophie Wilmès de conclure: "Je comprends qu'on soit découragé. Tout le monde est un petit peu découragé. Mais il faut aussi comprendre que je n'ai pas pour habitude de faire des fausses promesses et qu'il faudra s'habituer à cette nouvelle incertitude. Qu'on avancera pas à pas, graduellement, avec chaque fois des mesures qui sont cohérentes. Je préfère prendre le temps pour annoncer une mesure plutôt que de devoir l'abandonner dès le lendemain parce qu'on se serait trompé".