"Un dilemme diabolique", "le choix le plus courageux", "ce danger est plus grand": la presse belge salue la prise de position de Frank Vandenbroucke

Le choix de la Belgique de continuer à administrer le vaccin AstraZeneca semble faire l'unanimité, ce mercredi, dans les quotidiens du pays.

"Un dilemme diabolique", "le choix le plus courageux", "ce danger est plus grand": la presse belge salue la prise de position de Frank Vandenbroucke
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Le vaccin AstraZeneca est-il à l'origine de la formation de caillots de sang constatée chez certains patients dans plusieurs pays européens ? Si actuellement il n'a pas encore été possible d'affirmer avec certitude qu'il y avait un lien avec le vaccin, de nombreux pays ont préféré jouer la carte de la prudence et ont temporairement suspendu l'administration du vaccin AstraZeneca. La Belgique a, pour sa part, décidé de ne pas changer de cap. Notre pays a-t-il eu raison d'aller à contre-courant ? La presse belge salue en tous les cas, ce mercredi 17 mars, le "courage" de notre gouvernement. Revue de presse.

"Le risque zéro peut tuer", souligne-t-on ce mercredi dans La Libre . Rappelant que le Covid a fait plus de 2.650.000 morts dans le monde, notre quotidien s'étonne du choix de certains pays de suspendre AstraZeneca, qui va inexorablement mener "à un ralentissement de la vaccination" et à un "risque accru de contagion, d'hospitalisation et de décès". "La décision de suspendre la vaccination apparaît dictée par un calcul politique plus que par un souci sanitaire", conclut La Libre. "(...) le risque est devenu atrocement insupportable dans notre Europe vieillissante."

Le Soir s'interroge sur le principe de précaution : "Est-il toujours vertueux ou peut-il habiller une forme d'immobilisme, voire de couardise ?" Le média va plus loin se demandant si la décision de la Belgique et du ministre de la Santé Frank Vandenbroucke ne relevait pas du courage politique, tandis que d'autres dirigeants ont opté pour la facilité en offrant à leurs concitoyens "une protection factice". "(...) On ne peut nier que le duo Vandenbroucke-De Croo donne à voir ces derniers mois une certaine (autre) manière de faire de la politique", écrit le quotidien.

"Le courage de Frank Vandenbroucke", titrent nos confrères de la Dernière Heure . Ces derniers soulignent que la vaccination constitue actuellement notre meilleure arme et que poursuivre la campagne avec AstraZeneca constitue en réalité "le choix le plus courageux". "Frank Vandenbroucke s’en est tenu à sa ligne, si souvent critiquée : il a suivi les recommandations sanitaires, scientifiques, celles des experts, avant de s’inquiéter de l’émoi populaire et des risques que cette décision pouvait faire courir à son propre mandat", continue le média. Insistant sur le fait que le ministre de la Santé, sorti de sa retraite par Conner Rousseau, n'a rien à perdre ni à gagner aux prochaines élections, le quotidien salue la détermination du socialiste flamand qui est avant tout "un homme en mission".

"Cela n'arrive pas souvent que la Belgique prenne la bonne décision, mais ici c'est le cas"

Même son de cloche de l'autre côté de la frontière linguistique. De Standaard, qui estime que les décideurs sont confrontés à "un dilemme diabolique" , met en garde contre une surenchère de prudence. Rappelant qu'au moindre doute on avait écarté tous les masques Avrox, le quotidien flamand a toutefois argué que, pour les protections buccales, il existait une alternative. "Le prix à payer, par contre, pour mettre sur pause la vaccination avec AstraZeneca serait très élevé", plaide De Standaard. Nos confrères estiment que les pays européens ayant opté pour une suspension ont fait naître une vive confusion. "Cela a entraîné une réaction en chaîne à première vue irrationnelle où la panique a pris le dessus sur la raison", ajoute le média. "Une prise de décision plus lente s'appuyant davantage sur un calcul des risques aurait pu être plus appropriée."

"Cela n'arrive pas souvent que la Belgique prenne la bonne décision, (...) mais en choisissant de continuer à injecter le vaccin AstraZeneca notre pays a fait le bon choix", commente De Tijd . Nos confrères comparent ainsi la Belgique au petite village gaulois des bandes-dessinées Astérix et Obélix, qui, entouré par les Romains, refuse de capituler et continue à mener sa barque comme il l'entend. Mais, selon le quotidien financier, "Frank Vandenbroucke a plus que raison de garder la tête froide", contrairement aux autres pays européens qui ont "perdu leur calme", de façon alarmante. "Des deux dangers - les effets secondaires ou les décès dus au coronavirus - le second est le plus grand", écrit De Tijd, qui rappelle que la situation épidémiologique s'aggrave depuis plusieurs jours.

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