Le PTB veut renforcer la transparence du registre des lobbies

Le PTB dépose une proposition de loi pour garantir "une transparence totale" des contacts de lobbying dans la politique, a-t-il indiqué lundi, en dénonçant des pressions de l'industrie pharmaceutique contre la proposition de lever les brevets sur les vaccins anti-Covid.

Le PTB veut renforcer la transparence du registre des lobbies
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Le géant pharmaceutique Pfizer et l'organisation Pharma.be (industrie du médicament) sont inscrits dans le registre des lobbies de la Chambre, fait observer Sofie Merckx, députée du parti d'extrême gauche, dans un communiqué. "Mais nous ne savons pas qui ils rencontrent, à quel sujet ni à quelle fréquence. Nous devons de toute urgence mettre un terme à ce lobbying en coulisses en faveur de Big Pharma", exhorte-t-elle.

Le PTB réclame que chaque contact de lobbying soit indiqué en détail. "Nous voulons savoir qui ils rencontrent, à quel sujet ils se réunissent et à quelle fréquence. En outre, nous voulons nous assurer qu'une liste de toutes les personnes qui ont influencé le processus législatif soit jointe à tous les textes législatifs. Si des lobbyistes ont rédigé des textes législatifs pour le gouvernement ou pour des membres du Parlement, cela doit être communiqué", expose Mme Merckx. Sans cela, le registre du lobbying restera "une boîte vide", à ses yeux.

Au Parlement européen, l'industrie pharmaceutique dépense 36 millions d'euros par an en lobbying et dispose de 290 lobbyistes, affirme l'eurodéputé Marc Botenga sur base d'une analyse du registre européen de transparence par l'ONG Corporate Europe Observatory.

L'Organisation mondiale du Commerce (OMC) est actuellement saisie d'une demande de levée temporaire des brevets sur les vaccins anti-Covid, déposée par l'Inde et l'Afrique du sud et soutenue par une soixantaine d'autres pays dont les États-Unis. Le Parlement européen s'est récemment prononcé en faveur d'une telle levée.

La Commission européenne comme la Belgique préfèrent jusqu'ici travailler sur des mécanismes de licences volontaires ou obligatoires. Mais "on est très ouvert à la proposition" de levée des brevets, a commenté lundi la ministre des Affaires étrangères Sophie Wilmès, interrogée sur Bel-RTL.

"S'il y a une volonté de le faire, on peut le faire. Ce n'était pas la position de l'Europe parce qu'il existe des mécanismes au sein de l'OMC qui permettent, sous le vocable 'licences obligatoires' de travailler sur cela. D'aucuns disent que ce mécanisme est trop compliqué à mettre en œuvre et qu'il faut le revoir. On peut discuter de cela", a convenu la cheffe de la diplomatie belge.

"Mais pour le moment, la difficulté avec les vaccins, c'est qu'il n'y a pas assez de sites de production, et d'ailleurs la Belgique et l'Europe travaillent à en ouvrir en Afrique." La vice-Première ministre MR insiste aussi sur la nécessité pour les grandes puissances non européennes de redistribuer à travers le monde leur production de vaccins, ce que l'UE fait déjà puisqu'elle a redistribué près de la moitié des 700 millions de doses produites sur son territoire.