Signes convictionnels à la Stib : François De Smet reconnaît "avoir examiné la possibilité de partir du gouvernement"

Le président de Défi était l'invité de "Il faut qu'on parle" sur DH radio ce vendredi. Il est revenu sur la décision du gouvernement bruxellois de ne pas interjeter appel dans le dossier des signes convictionnels à la Stib.

C'est tombé hier/jeudi, le gouvernement bruxellois a décidé de ne pas faire appel de la décision du tribunal du travail condamnant la société des transports publics bruxellois pour discrimination. DéFi, partenaire de majorité de cet exécutif régional, plaidait depuis le départ pour la voie de l'appel.

François De Smet, son président, était l'invité de Maxime Binet ce vendredi matin, il s'est exprimé sur la décision et sur le compromis conclu par le gouvernement bruxellois. "Nous ne sommes pas parvenus à obtenir un consensus. C'est une forme d’échec et je l'assume. Je ne suis pas parvenu à convaincre Ecolo et le PS", regrette-t-il. Ce que le président de parti dénonce le plus, c'est l'intervention du politique dans ce dossier : "Je reste choqué que la Stib, comme entreprise publique, ait été empêchée de faire appel. Le politique s'est trop mêlé de cette histoire", assène le député fédéral.


Critiqué pour avoir finalement accepté le compromis, le président de Défi a expliqué son choix et a avoué avoir hésité à quitter la majorité. "Soit on acceptait un compromis qui nous donnait assez de garantie sur la neutralité exclusive, soit on prenait la décision de partir. On a examiné cette option. Cette hypothèse est séduisante. Mais imaginons qu'on le fasse : on est des héros pendant trois semaines et puis quoi ? Il n'y aurait pas eu d'appel quand même, on aurait abandonné le gouvernement bruxellois alors que nous sommes presque le seul rempart de neutralité exclusive. C'est facile de claquer la porte, le vrai courage c'est plutôt de rester", se justifie-t-il.


"Rappelons que l'appel, même si nécessaire, est très incertain", insiste-t-il encore. "Nous avons préféré dire : si on reste, quelles garanties avons-nous?" . Si DéFi a choisi la voie du pragmatisme, c'est parce que "nous sommes au début d'une longue bataille de l'immixtion du religieux dans le service public, ce pourquoi il faut rester", avance le député fédéral.

L'accord de gouvernement prévoit tout de même que les signes convictionnels pour les professions d'autorité ou de contact soient interdits, un aspect dont se réjouit tout de même François De Smet. "Je préfère me prendre des tomates parce qu'on pas obtenu l'appel plutôt que de céder sur l'essentiel, à savoir la neutralité exclusive dans les services publics".

Finalement est-ce un vrai débat de fond ou un débat électoral ? François De Smet a répondu à la question des auditeurs : "Les deux. C'est un débat extrêmement sensible, il plus complexe qu'on ne le dit. Il y a trois semaines j'étais un abominable islamophobe raciste parce que je défendais la laïcité et aujourd’hui parce que j'ai pris une position pragmatique je me fais traiter de lâche. C'est un dossier qui mérite du dialogue". 

Mais pour le député, "il y a une tentation potentielle de tous les partis politiques de flatter toutes les communautés. Sur une carte de Bruxelles, tout le monde a des des zones de confort, nous sommes dans une ville de plus en plus clivée, composée de ghettos où chacun ne parle qu'à ce qu'il croit être son électorat, et ça c'est un problème. Il y a en qui veulent continuer de flatter les particularismes et il y a en d'autres, comme nous et le MR, qui essayent d'avoir des espaces sacralisés".


Sur le même sujet