Frédéric Daerden: "La situation de la Fédération Wallonie-Bruxelles n'est pas tenable"

Le ministre du Budget de la Fédération Wallonie-Bruxelles(FWB), Frédéric Daerden, a reconnu lundi que l'évolution de la situation budgétaire de l'entité n'était pas soutenable, menaçant à terme son intégrité.

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"Comme c'est aujourd'hui, la situation de la Fédération Wallonie-Bruxelles n'est pas tenable", a avoué le ministre socialiste lors d'un débat en commission du parlement sur l'ajustement du budget 2021.

"La situation n'est pas bonne. Elle ne s'améliore pas", a-t-il admis.

Alors que ses ressources financières sont déjà limitées et aujourd'hui négativement impactées par différents facteurs, la FWB voit ses besoins financiers augmenter, et pas seulement en raison de la crise sanitaire.

Ainsi, après un déficit historique de 1,9 milliard en 2020, l'entité prévoit à nouveau un trou de 1 milliard d'euros cette année. Un dérapage qui devrait d'ailleurs se renouveler d'année en année jusqu'à à la fin de la législature, en 2024.

A ce rythme, la dette atteindra, de l'aveu même du ministre, les 15 milliards d'euros, soit un doublement sous cette législature.

A l'heure où la Région wallonne lorgne ouvertement plusieurs compétences de la FWB et qu'une Belgique fédérale limitée à quatre Régions est de plus en plus évoquée, d'aucuns estiment que les jours de la Fédération Wallonie-Bruxelles telle qu'elle existe aujourd'hui sont clairement comptés, notamment en raison de sa précarité financière.

"Il est clair qu'il va y avoir des évolutions institutionnelles. Je ne sais pas quand, ni à quel rythme, mais il y aura des évolutions", a commenté le ministre en réponse à une batterie de questions adressées par le député André Antoine (cdH).

"Est-ce que ce sera la disparition pure et simple du lien entre la Wallonie et Bruxelles? Ce serait une erreur lourde, (...) mais je pense qu'une évolution est une nécessité".

Si des synergies sont envisageables entre les Régions, le ministre du Budget de la FWB a toutefois émis cette mise en garde. "Ce n'est pas en faisant évoluer le système que cela va forcément coûter moins cher".