Pierre-Yves Dermagne sur la grève de la faim des migrants: "Nous exigeons que Samy Mahdi se saisisse de cette question"

Ce mercredi matin Pierre-Yves Dermagne, le ministre du travail au fédéral et vice premier du PS était l'invité de Maxime Binet dans Il faut qu'on parle. L'occasion pour lui de revenir notamment sur la polémique de la grève de la faim des migrants.

Pierre-Yves Dermagne sur la grève de la faim des migrants: "Nous exigeons que Samy Mahdi se saisisse de cette question"
©BELGA

Depuis le 23 mai, 475 sans-papiers effectuent une grève de la faim. Ils espèrent une régularisation de leur situation mais se heurtent à l'inflexibilité du secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration Sammy Mahdi (CD&V) qui refuse d'envisager une régularisation collective comme en 2000 et 2009. Pour Pierre-Yves Dermagne, cette situation est très inquiétante. "Elle est même insupportable" commence-t-il. "Nous appelons Sammy Mahdi à se saisir de cette question. C'est également la raison pour laquelle nous avons exigé la tenue d'une conférence interministérielle pour trouver des solutions sur le court et le moyen terme."

Problème: avec Ecolo, le PS est isolé, ce qui engendre des tensions dans le gouvernement. "Nous sommes conscients que nous avons des problèmes pour engendrer une régularisation collective. Et cela ne figure pas dans l'accord de gouvernement. Mais nous espérons un compromis rapidement pour trouver des solutions."

L'homme politique bataille également ferme pour stopper les visites domiciliaires, celles qui permettent aux policiers de rentrer directement chez les habitants qui accueillent des migrants. "Criminaliser la solidarité est inacceptable. Nous nous opposons donc à ce retour dans nos droits. On se souvient que cette question a divisé la classe politique au sein même de certains partis comme le MR. Lorsque le dossier a été mis sur la table, nous nous sommes opposés fermement à ce retour en arrière."

Un nombre important de sans-papiers travaillent encore sans cotiser pour la sécurité sociale. "Mais ce nombre est très dure à quantifier" précise le Vice premier du PS. "Il faut une responsabilité individuelle et collective. Car il y a encore beaucoup trop de monde qui travaille dans des conditions inacceptables dans une situation évoluée comme la nôtre."

La crise a-t-elle pourtant changé la donne? "Dans le secteur des soins, nous avons eu des candidatures des sans-papiers. Ces derniers expliquaient vouloir aider avec leurs différents diplômes de ce secteur. Mais ils ne pouvaient pas travailler. Cela n’a pas été possible et je le regrette. C’est un problème que nous devons régler avec les Régions car je le répète, le permis de travail est une compétence régionale. C’est également pour cela que nous espérons que cette réunion interministérielle se déroulera bientôt pour aborder ce type de question."

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