Georges Dallemagne réagit aux propos d'Ihsane Haouach: "Cela m'inquiète"

Invité sur DH Radio, le député fédéral Georges Dallemagne (CDH) est revenu sur les manquements du service de renseignement militaire (SGRS) dans la traque de Jürgen Conings, au lendemain d'une commission de la Défense sur le sujet, et sur les propos tenus par Ihsane Haouach ce week-end.

Georges Dallemagne s'est montré très critique envers le rapport du Comité R sur la gestion de l'affaire Jürgen Conings. Pour le député, le service de renseignement militaire (SGRS), dont le rapport précité pointe les manquements en termes de suivi du cas Conings, n'assure plus ses fonctions correctement. Et cela ne date pas d'hier, selon lui.

"Je n'ai jamais lu un rapport aussi cinglant de la part de l'organe de contrôle (le Comité R, ndlr)", a directement lancé George Dallemagne au micro de Maxime Binet dans Il faut qu'on parle ce mardi matin. Le député parle même du SGRS comme d'un "service quasiment en faillite": "Il ne permet pas de rendre les services qu'il devrait rendre, c'est-à-dire assurer notre sécurité. J'ai l'impression qu'on est vulnérable". Et cela vient du fait que le SGRS ne bénéficie pas de toutes les ressources nécessaires pour fonctionner correctement, a expliqué le député fédéral, qui trouve cela "vraiment très inquiétant".


Georges Dallemagne a tenu à rappeler que, déjà en 2016, alors qu'il était commissaire lors d'un groupe sur les attentats de Paris et Bruxelles, les failles du SGRS avaient été épinglées. "Mais rien n'a changé, on a même l'impression que ça s'est aggravé", a-t-il déploré. "On semble ne pas avoir appris de ces attentats".

Aujourd'hui, le membre du CDH se demande d'ailleurs si un service de renseignement militaire, en plus d'un même service au civil, est vraiment utile. "Je me pose la question de la plus-value d'un service militaire. La transmission d'informations entre les deux services est défaillante. Par exemple, on sait que le SGRS avait des informations sur Jürgen Conings depuis 2015, mais elles n'ont pas été traitées". Même chose lors des attentats en Belgique, selon Georges Dallemagne qui demande que des sanctions soient appliquées dans ces cas de "graves déficits de communication". "La sûreté de l'État et des citoyens est en jeu."


Port du voile dans les institutions publiques: "Ihsane Haouach devrait clarifier ses propos"

Le député fédéral s'est ensuite exprimé sur un sujet qui l'a déjà poussé sous le feu des critiques récemment: le port du voile dans les institutions publiques belges. Georges Dallemagne a d'abord accordé un carton rouge au gouvernement bruxellois, qui a décidé de ne pas aller en appel après la condamnation de la Stib (pour discrimination envers une personne portant le voile), un choix qu'il juge "incompréhensible".

Mais il s'est surtout prononcé sur les propos d'Ihsane Haouach, la commissaire du gouvernement à l’Institut pour l’égalité hommes-femmes, qui a affirmé ce week-end avoir constaté que le débat sur le port du voile était "un débat qui avait un fond sexiste et raciste". Pour Georges Dallemagne, Ihsane Haouach se trompe complètement: "Il faut arrêter de dire que lorsqu’on demande une neutralité au sein des services publics, c’est discriminatoire, comme elle l’a dit." Selon lui, la commissaire fédérale contredit la cour constitutionnelle, "qui a dit qu’il n’y avait aucun problème à ne pas accepter le voile dans des hautes écoles". "Elle dit donc l’inverse. Et ça m’inquiète", a ajouté le député fédéral.

La solution, d'après lui, est qu'Ihsane Haouach explique ses propos devant la Chambre. "Je trouverais ça utile et intéressant qu'elle les clarifie", a déclaré Georges Dallemagne, qui a invité Sarah Schlitz, secrétaire d’État à l’Egalité des genres et à la Diversité, à s'exprimer également sur la question au Parlement.


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