Grève de la faim de sans-papiers: la CSC demande une "solution humanitaire"

Le groupe de sans-papiers en grève de la faim est comparable à un canari dans une mine de charbon, selon la CSC.

Grève de la faim de sans-papiers: la CSC demande une "solution humanitaire"
©AFP

"Ils nous alertent et nous mettent en garde contre un problème structurel plus profond, à savoir le travail illégal et l'exploitation économique", relève le syndicat chrétien dans un communiqué diffusé mercredi. La CSC demande une "solution humanitaire" pour les personnes sans papiers, qui ont entamé une grève de la faim le 23 mai et réclament une régularisation. Les 430 grévistes qui occupent l'église du Béguinage, ainsi que les réfectoires des universités bruxelloises ULB et VUB, ne sont que la partie émergée de l'iceberg, selon le syndicat chrétien. "Derrière eux se trouve un groupe silencieux et invisible de près de 150.000 personnes sans papiers", occupées dans des secteurs tels que la construction, l'horeca, le nettoyage, le travail domestique et l'agriculture, souligne la CSC. "Notre économie réclame leur travail et ne peut se passer d'elles", poursuit-elle.

Le syndicat exige non seulement une "approche politique et structurelle" pour résoudre ce problème sous-jacent, mais aussi que les cabinets de l'emploi, de la migration et de l'asile, de la justice et de la lutte contre la fraude sociale assument "une responsabilité interministérielle partagée". Selon la CSC, il est en outre indispensable "d'améliorer la protection des travailleurs dans le cadre d'une concertation entre les représentants des travailleurs et les représentants des employeurs".

Le syndicat réclame au secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration Sammy Mahdi (CD&V) et aux différents gouvernements, la désignation d'un médiateur chargé de chercher une solution à court terme avec les représentants des grévistes de la faim et avec les pouvoirs publics. Il demande aussi la convocation immédiate de la conférence interministérielle, la création de zones neutres où les grévistes de la faim peuvent introduire leur dossier et expliquer leur situation à l'Office des Étrangers, la reconnaissance de la pandémie de Covid-19 comme situation exceptionnelle pour la délivrance d'un permis de séjour temporaire, ainsi que la reconnaissance de l'exploitation économique. Il souhaite enfin que la commission interdisciplinaire et indépendante pour les étrangers soit réactivée et que les sans-papiers qui travaillent dans un métier en pénurie puissent demander un permis de travail en Belgique.

Mardi soir, quelque 200 grévistes se sont enfermés dans l'église du Béguinage. Une action, en partie symbolique, en réponse au refus du gouvernement d'accepter leur proposition de médiation. L'ONG Médecins du Monde indique néanmoins mercredi qu'elle devrait de nouveau pouvoir entrer dans l'édifice religieux afin de fournir une aide médicale aux sans-papiers.

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