Ihsane Haouach: "Je n'ai jamais voulu remettre en question la séparation Eglises/Etat"

Le commissaire du gouvernement auprès de l'Institut de l'égalité entre les femmes et les hommes, Ihsane Haouach, a tenu mercredi à mettre les choses au clair au sujet de propos qu'elle a tenu récemment en matière de séparation entre l'Eglise et l'Etat.

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© D.R.

"Je n'ai jamais voulu remettre en question le principe de la séparation des Églises et de l'État ni l'application de ce principe, un fondement de notre démocratie, au même titre que la liberté de conscience, l'égalité des citoyens devant la loi et la neutralité de l'État", a-t-elle souligné via son profil Facebook.

Les partis d'opposition N-VA et cdH avaient réclamé mardi l'audition à la Chambre de la commissaire du gouvernement auprès de l'Institut de l'égalité entre les femmes et les hommes, pour clarifier des propos qu'elle a tenus au cours du week-end dans la presse, et que le MR (majorité) et DéFI (opposition) ont eux aussi dénoncés.

Dans une interview au journal "Le Soir", Mme Haouach avait défendu sa conception de la neutralité en expliquant que le principe de la séparation de l'Église et de l'État pouvait se décliner en fonction du changement démographique.

Estimant qu'interdire le port de signes convictionnels, dans le débat sur la neutralité de la fonction publique, est "discriminatoire", Ihsane Haouach y considèrait que les principes fondateurs de l'État ne sont pas mis en danger par l'apparence mais par la montée des réactions d'extrême droite. "La discussion n'est pas: est-ce qu'on remet en cause la séparation de l'Église et de l'État?, c'est : comment la décline-t-on avec un changement démographique?", avait-elle dit.

"Le fait même qu'on doute de mon adhésion à ce principe (de la séparation des Églises et de l'État, ndlr) heurte la démocrate que je suis. Je considère qu'en aucune circonstance le religieux ne peut s'ingérer dans la gestion de l'État, ni prédominer sur le civil dans l'organisation de notre société. Chacune et chacun est libre d'avoir des convictions et de les exprimer, y compris dans l'espace public, à la condition de ne pas entraver la liberté d'autrui. La séparation des Églises et de l'État et la neutralité de l'État sont des conditions du vivre-ensemble : elles permettent à toutes les convictions et philosophies d'être traitées équitablement par l'État", a soutenu mercredi Mme Haouach dans sa communication via Facebook..

Précisant s'exprimer une dernière fois, à titre personnel et non en tant que commissaire, "suite aux violentes attaques dont j'ai fait l'objet, notamment sur les réseaux sociaux", Mme Haouach a concédé avoir fait un usage inapproprié du mot démographie dans son raisonnement, mais ne l'avoir évoqué "en aucun cas pour y conditionner le principe ou relativiser la portée de la séparation des Églises et de l'État qui, je le redis, est trop précieux que pour être négocié".

"Mon propos a donc consisté à préciser - peut-être maladroitement - que ce principe pouvait se décliner différemment selon les contextes. Je m'explique à travers un exemple : en France, le principe de la séparation des Églises et de l'État et celui de la neutralité de l'État vis-à-vis des cultes ne s'appliquent pas de la même manière qu'en Belgique. La Belgique reconnaît et finance les cultes reconnus tandis que la République française ne reconnaît ni ne subventionne ni ne salarie aucun culte. Pourtant, ce sont deux pays où l'État et les Églises sont séparés. Un même principe, deux déclinaisons différentes. C'est un exemple, parmi d'autres, qui peut éclairer la réflexion qui m'anime", a-t-elle encore expliqué.

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