Ludivine Dedonder s'exprime au sujet de la traque de Jürgen Conings : "Quelle faute ai-je pu commettre ?"

Ludivine Dedonder (PS), ministre de La Défense, était sur le plateau de l'émission "Il faut qu'on parle" sur DH Radio.

La Rédaction

La ministre de La Défense est revenue sur différents sujets polémiques comme la traque de Jürgen Conings. A la question de savoir si la Défense doit repartir d'une page blanche après cette histoire et si, à court terme, des licenciements sont prévus, Ludivine Dedonder a voulu mettre les choses au clair. "Repartir d'une page blanche, je ne pense pas (...) J'ai par contre demandé au SGRS de mettre en élaboration un plan d'action pour la fin de l'année. Comme je le dis depuis le début, si les fautes sont avérées, il y aura des responsabilités à prendre et des sanctions seront prises. Mon objectif est qu'il n'y ait plus de cas Conings et je mets tout en place pour que le fonctionnement du SGRS soit optimal."

La ministre de la Défense a également indiqué qu'elle n'imaginait pas, à l'heure actuelle, une fusion des services de renseignements civils et militaires. "Je suis favorable à tout ce qui permet une amélioration dans la communication, une amélioration du fonctionnement. Toutefois, les missions données à la Sûreté de l'Etat et au SGRS sont biens spécifiques. Ce sont des services complémentaires. Fusionner n'est pas la solution. Il faut coopérer davantage."


En poste depuis le mois d'octobre, Ludivine Dedonder estime qu'il y a eu beaucoup de manquements concernant la communication avant son arrivée. "Des constats ont été faits depuis de nombreux mois, voire de nombreuses années, et aujourd'hui je dois dire : 'arrêtons de constater, passons à l'action'. D'ici la fin de l'année, il y aura un plan d'actions qui sera mis en place et, en 2022, un plan pluriannuel sera mis en place. C'est la base pour qu'un service fonctionne normalement ".

Concernant l'affaire Jürgen Conings en elle-même, beaucoup de masques sont tombés au sein de l'armée. Des personnes jugées violentes et dangereuses pour la société au sein des effectifs ont pu être écartées temporairement de certains services, comme l'a confirmé la ministre. "J'ai demandé à ce que les personnes suivies par les services de renseignements de l'armée pour des propos et des appels à la violence soient temporairement et de manière préventive écartées des dépôts d'armes et des munitions. En comptant Conings, 13 personnes ont dès lors été écartées sans être sanctionnées. J'ai alors demandé d'approfondir les enquêtes aux différents services de renseignements et ils ont recoupé les informations en se parlant beaucoup. Dans les prochains jours, une évaluation plus précise me sera transmise et cela signifiera que des personnes retrouveront leur travail après avoir été écartées temporairement. D'autres personnes, qui représentent une menace potentielle, auront une mesure disciplinaire."


Concernant la traque de Jürgen Conings, la ministre de la Défense est revenue sur la façon dont elle a vécu les événements, qui ont duré plus d'un mois et demi. "Le Vlaams Belang a demandé ma démission car Conings était un de leur membre. Pour le reste j'ai eu un soutien total au niveau de mes collègues du gouvernement. Je n'aurais pas démissionné de mon poste. Quelle faute j'ai pu commettre? A partir de là, qu'attend le citoyen de la part d'un politique ? Qu'il prenne ses responsabilités, qu'il fasse changer les choses. Et c'est ce pour quoi je me bats au quotidien."

Sur la façon dont elle vivait ses journées, la ministre de La Défense explique avoir connu quelques moments assez compliqués même si elle n'était pas spécialement visée par le militaire d'extrême droite. "Je n'étais pas visée en première ligne comme Marc Van Ranst. Il y avait des menaces concernant la Défense et les politiciens en général donc j'avais tout de même une protection. C'est vrai que ce n'est pas toujours agréable quand, dans nos salles de réunion, les volets sont fermés en permanence et qu'on a une escorte partout où l'on va. J'ai essayé d'aller de l'avant en ne pensant pas trop à ce qui pourrait se passer me concernant."