Sammy Mahdi sur la grève de la faim des 450 sans-papiers : "Personne ne doit leur donner des faux espoirs"

Ce matin, Maxime Binet recevait Sammy Mahdi, secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, dans l'émission "Il faut qu'on parle" sur DH Radio.

Le 23 mai dernier, 450 sans-papiers ont entamé une grève de la faim à l’église du Béguinage dans le centre de Bruxelles et dans des locaux des universités ULB et VUB. Aujourd'hui, les ambulances et les pompiers se relaient pour venir en aide à ces personnes. Certains sans-papiers se sont cousus les lèvres, d'autres ont essayé de se suicider en avalant des lames de rasoir. La situation est très critique. Celui que les sans-papiers souhaitent voir prendre une décision en leur faveur, c'est Sammy Mahdi, le secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration. Il était aujourd'hui l'invité de l'émission "Il faut qu'on parle" sur DH Radio.

Il ne nie pas que la situation est dramatique et est conscient que ces sans-papiers mettent chaque jour un peu plus leur vie en jeu. "C'est une situation qui nous préoccupe et sur laquelle on travaille tous les jours. Chaque jour, on essaie de trouver une situation définitive. Mais j'ai précisé dès le début de cette grève la ligne du gouvernement, il n'y aura pas de régularisation massive."

Mais que faut-il alors pour que cette situation se décante ? Faut-il un mort ? Pour le secrétaire d'Etat, il faut surtout que "tout le monde communique le même message, celui du gouvernement : pas de régularisation collective. Tout le monde doit suivre cette communication. Logiquement, quand on est lancé dans une grève de la faim, dès qu'on a l'impression qu'il y a une toute petite chance d'obtenir ce que l'on souhaite, on continue la grève. Ça ne sert à rien de continuer la grève. Personne ne doit leur donner des faux espoirs."

"Une exception, pas un droit"

De leur côté, les grévistes demandent des critères clairs et fixes pour la régularisation. "Si on installe ces critères, la régularisation n'est plus une exception ou une faveur mais ça devient un droit", argumente Sammy Mahdi. "Or, quand quelqu'un introduit une demande de régularisation, on tient compte du contexte de la personne. C'est clair que ma politique n'est pas la plus évidente. Tous les jours, des personnes reçoivent un ordre de quitter le territoire. Chaque jour, on donne des mauvaises nouvelles. Mais ça permet d'aider les personnes qui ont vraiment besoin de cette aide."


Alors que va faire le gouvernement ? "J'ai rencontré les grévistes à plusieurs reprises. Je continue à dialoguer. J'ai écouté les frustrations, qui sont légitimes. J'ai augmenté l'effectif de la cellule Régularisation. Elle est passée de 18 à 21 personnes. Je continue à être en contact avec eux mais aussi à espérer que personne ne leur donne un faux espoir. C'est mon devoir de trouver une situation positive. Mais on ne travaille pas dans un pays où il n'y a pas de frontières. Il y a une politique migratoire qui doit être contrôlée."

Une bonne partie des sans-papiers qui interpellent le secrétaire d'Etat en arrêtant de s'alimenter sont sur le territoire depuis 5 à 15 ans, beaucoup travaillent, ont une famille en Belgique. "Le problème d'exploitation économique est énorme, confirme le représentant du gouvernement. Des gens utilisent la détresse de ces personnes. Mais comment une personne qui a reçu un ordre de quitter le territoire peut travailler et vivre en Belgique durant des années ? C'est aussi un réel problème."


Une Vivaldi sous tension ?

Dans ce dossier, les partis du gouvernement ne tiennent pas tous le même discours. Est-ce qu'il y a une manière différente d'aborder cette situation critique entre le nord et le sud su pays ? "Je ne peux pas vous dire. Les sondages montrent qu'il n'y a pas de grosses différences", estime Sammy Mahdi. "Dans la manière de former le débat peut-être, mais au fond tout le monde veut qu'il y ait des règles correctes et tout le monde veut trouver une solution rapide au problème actuel. On doit respecter l'accord gouvernemental, et je pense qu'il est assez clair sur le sujet. Malgré les programmes de certains partis de la majorité, on a un accord de gouvernement et on s'y maintient."


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