Pourquoi ne pas avoir vidé préventivement le barrage d'Eupen ? Le ministre Philippe Henry répond

À Eupen, le barrage arrivant à saturation mercredi après-midi a finalement du être vidé progressivement, entrainant une augmentation du débit.

placeholder
© BELGA/Montage

Après la catastrophe, certains pointent la gestion des barrages dans notre pays lors des précipitations de ces derniers jours. Sur le plateau de RTL, Damien Ernst, ingénieur informaticien et professeur de l'université de Liège, a par exemple parlé "d'erreur colossale" dans la gestion du barrage d'Eupen. Selon lui, ce barrage aurait normalement dû permettre de contrôler le débit de la Vesdre s'il avait été vidé préventivement.

Interrogé par nos confrères de Sudpresse, Philippe Henry revient sur cette gestion et s'explique. Le ministre wallon des Infrastructures et de la Mobilité indique que les prévisions IRM ne parlaient que de "150 mm d’eau par m² sur toute la province de Liège et sur trois jours". "Or, le barrage a une capacité de 25 millions m³ et était, à ce moment, à moitié plein. Il pouvait donc absorber toutes les pluies annoncées", indique-t-il. Pourtant, dès mercredi, le barrage d'Eupen était plein. "Il a accumulé en 48 heures 13,4 millions de m³ parce que les pluies ont été exceptionnelles", rappelle le ministre régional.

La décision de vider préventivement les barrages a été prise à Butgenbach et Robertville. À Eupen, le barrage arrivant à saturation mercredi après-midi a finalement dû être vidé progressivement, entraînant une augmentation du débit. "Si on lâchait préventivement 40 m³ par seconde, et même 30 m³, on noyait la ville basse d’Eupen. Allait-on faire ça alors que les prévisions indiquaient que le barrage serait suffisant ? De plus, les versants de la vallée de la Vesdre sont plus abrupts que ceux de la Warche. L’eau dévale beaucoup plus vite dans la rivière. C’est une grande différence", justifie Philippe Henry.