"Ce que nous faisons est juste et ne changera pas", assure Mahdi à la Chambre sur la grève de la faim des sans-papiers

Le secrétaire d'Etat à l'Asile, Sammy Mahdi, a défendu vendredi une nouvelle fois à la Chambre sa politique à la suite de la suspension de la grève de la faim de sans-papiers à Bruxelles.

"Ce que nous faisons est juste et ne changera pas", assure Mahdi à la Chambre sur la grève de la faim des sans-papiers
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Il n'y a pas de régularisation collective, a-t-il martelé, ni concession ou accord "sous la table". "Ce que nous faisons est humain et juste, et ne changera pas", a-t-il assuré devant la commission de l'Intérieur.

Selon le secrétaire d'Etat CD&V, les demandes de régularisation déposées par les grévistes seront traitées comme les autres même s'ils pourront introduire leur demande après avoir reçu les informations nécessaires dans une zone neutre aménagée en collaboration avec la Ville de Bruxelles.

Des "éléments" comme les liens avec la Belgique, la durée de séjour, les liens familiaux seront pris en compte dans leur ensemble comme c'est le cas pour tous les dossiers de régularisation pour motifs humanitaires. Mais il ne s'agit pas de "critères" établis, a précisé M. Mahdi. Les demandes de régularisation pour motifs médiaux seront également traitées comme les autres. La rétribution, instaurée sous la législature précédente, devra être payée.

"Pas de vainqueurs"

La crise a été profonde et a menacé la poursuite du gouvernement. La situation médicale de certains sans-papiers devenait critique. "Je suis soulagé, pas triomphaliste. Il n'y a pas de vainqueurs, il y a eu trop de souffrance", a souligné M. Mahdi.

En commission, la droite nationaliste flamande a attaqué le secrétaire d'Etat. Pour le Vlaams Belang, le gouvernement maquille la régularisation collective sous un traitement individuel. La N-VA veut savoir quel était le contenu des discussions entre l'émissaire du secrétaire d'Etat, Dirk Van den Bulck, commissaire général aux réfugiés et apatrides, l'Office des étrangers et les personnes mandatées par les grévistes. "Que s'est-il passé? Après une crise gouvernementale, soudain, la grève s'arrête", s'est étonné le prédécesseur de M. Mahdi, Theo Francken (N-VA).

Au cours de la concertation, le secrétaire d'Etat a plusieurs fois été appelé pour savoir s'il était prêt à faire l'un ou l'autre geste. "A chaque fois, la réponse était: non", a affirmé M. Mahdi qui s'est dit prêt à la plus grande transparence dans ce dossier, dès lors qu'elle respecte les règles de la vie privée. "Je sais ce que j'ai dit aux grévistes de la faim, aux associations. Au plus, il y aura de transparence, au mieux ce sera".

L'équilibre de la Vivaldi menacée

Le PS, avec les écologistes, avait menacé de quitter le gouvernement si un gréviste venait à mourir. Il s'est dit lui aussi soulagé et attend la suite. Les socialistes ont dit et répété durant la grève leur revendication d'une procédure de régularisation individuelle fondée sur des critères légaux et traitée par une commission indépendante. Ils entendent reprendre le dossier à la rentrée sous l'angle du permis de séjour unique, en concertation avec les Régions et les partenaires sociaux, afin de répondre aux besoins du marché du travail conformément à l'accord de gouvernement.

"Qui sont ces 450 personnes? Ce sont des gens qui ont travaillé, oeuvré à notre économie et puis, à un moment donné, la crise du covid s'est abattue sur eux. A la rentrée, saisissons-nous de cette question", a demandé Hervé Rigot (PS).

Le CD&V est ouvert à un "dialogue" mais dans le cadre des accords de la coalition Vivlaldi. "Pacta sunt servanda, les accords doivent être respectés car sinon on va créer un appel d'air par de faux espoirs" , a répondu le chef de groupe CD&V, Servais Verherstraeten. "Notre politique de régularisation est très humaine", a-t-il ajouté en invoquant les quelque 3.000 dossiers acceptés par an.

Dans l'opposition, à l'inverse des nationalistes flamands, aussi bien le PTB que le cdH ont plaidé pour une procédure de régularisation fondée sur des critères légaux. "Pourquoi ce qui fonctionne en France, en Espagne, en Italie ne fonctionnerait pas ici? Ce qui n'est pas normal, c'est de laisser vivre des personnes aussi longtemps dans le non-droit", a lancé Marco Van Hees (PTB).

"Si vous voulez être juste et humain, il faudra aller vers une telle procédure. Des grèves de la faim, il y en aura encore d'autre car il y a des gens qui sont dans l'incompréhension", a souligné Vanessa Matz (cdH) avant d'appeler le secrétaire d'Etat à cesser le "match" avec son prédécesseur pour savoir qui est "le plus fort".

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