Alexander De Croo évoque la situation en Afghanistan: "La Belgique fera sa part"

Des avions de l'armée belge sont partis mercredi en Afghanistan.

Alexander De Croo évoque la situation en Afghanistan: "La Belgique fera sa part"
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Invité sur le plateau du JT de la RTBF, le Premier ministre Alexander De Croo évoque une opération "complexe" en Afghanistan, en raison de la situation extrêmement chaotique sur place. "C'est une situation aussi extrêmement dangereuse. On a voulu bien préparer la chose pour minimiser au maximum les risques, pour les militaires et les diplomates sur place, et pour les gens que l'on va essayer de rapatrier", explique Alexander De Croo.

Selon lui, plusieurs raisons expliquent que la Belgique ait attendu pour commencer les rapatriements. "D'abord, quelque chose de chaotique et de dangereux, il faut bien le préparer", estime le Premier ministre. "Deuxième raison, il faut bien établir qui sont les gens que l'on va rapatrier. Il faut que l'on ait des listes et des systèmes de contrôle pour bien être sûrs que les gens que l'on amène sont ceux que l'on veut ramener". Enfin, Alexander De Croo a rappelé que la Belgique voulait éviter que des avions se rendent là-bas et doivent rentrer à moitié vide, comme l'ont vécu les Pays-Bas et l'Allemagne en début de semaine.

Plusieurs centaines de personnes à rapatrier

"Les chiffres changent tout le temps", confie le ministre. Au total, plusieurs centaines de Belges et des centaines d'Afghans ayant travaillé pour la Belgique sont concernés. "La Belgique fera sa part", assure cependant Alexander De Croo, malgré les difficultés rencontrées sur place pour permettre aux Afghans de quitter le pays. "Un pays comme la Belgique n'a pas la capacité de faire des extraditions en dehors de l'aéroport", déplore le ministre, évoquant l'aide apportée par les Etats-Unis ainsi que par d'autres pays.

"L'Europe doit peser sur la situation"

Alexander De Croo a également réagi au témoignage d'une journaliste afghane, empêchée par les talibans d'apparaître à la télévision, ainsi qu'aux risques que représentent les talibans pour les droits des femmes. "C'est un danger pour de nombreuses femmes", estime le Premier ministre, qui souligne cependant la pluralité des problèmes liés à la prise de pouvoir des talibans. "Au niveau européen, on doit peser sur la situation, parce qu'il y a plusieurs problèmes à gérer. Droits des femmes, droits des minorités, combattre le trafic de drogue et le terrorisme au niveau international. La dernière chose que l'on doit faire maintenant, c'est de pousser les talibans vers les Chinois et les Russes", explique Alexander De Croo. "On doit jouer notre rôle", assure-t-il.

Quant à l'ouverture des frontières par l'Europe, Alexander De Croo estime que c'est possible, à condition que chaque pays européen fasse sa part. "Je pense que ce sujet-là, on doit en débattre de manière urgente au parlement européen", explique le Premier ministre, soulignant que l'accent était pour le moment principalement mis sur les rapatriements des Belges et des Afghans ayant travaillé pour la Belgique.

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