16.000 premières doses par semaine: la Région bruxelloise présente son plan pour refaire son retard sur la vaccination

La Région bruxelloise s'est fixé l'objectif d'administrer 16.000 premières doses de vaccin contre le coronavirus par semaine dès la rentrée pour rattraper son retard par rapport aux autres Régions.

BELGA

La Région bruxelloise s'est fixé l'objectif d'administrer 16.000 premières doses de vaccin contre le coronavirus par semaine dès la rentrée pour rattraper son retard par rapport aux autres Régions, ont annoncé mardi le ministre de la Santé, Alain Maron, et la responsable de la lutte contre le covid-19 pour la Commission communautaire commune (Cocom), Inge Neven. Elle favorisera une action plus décentralisée en visant les entreprises, les écoles, les collectivités et institutions de soins, certains lieux particuliers comme les lieux de cultes, clubs sportifs, les locaux de mouvement de jeunesse ainsi que la première ligne (médecins généralistes, maisons médicales, pharmacies). Vendredi passé, la capitale a choisi de ne pas assouplir une série de mesure sanitaires contrairement à la Flandre et à la Wallonie. Le taux de vaccination y demeure trop faible, particulièrement dans les catégories plus jeunes de la population. La Région a décidé d'intensifier son action pour tenter d'atteindre un taux de 65% de la population ayant reçu une première dose de vaccin à la fin octobre et une même proportion ayant reçu la deuxième dose quelques semaines plus tard.

Cette intensification reposera sur quatre centres de vaccination plus trois antennes locales déjà actives et trois autres en préparation de même que l'épquipe Mobivax visant des publics particuliers comme les sans-abris et les grabataires. La nouveauté réside dans la sensibilisation et la vaccination qui sera réalisée dans des lieux spécifiques comme les grandes entreprises, administrations et PME (par le médecin du travail ou un point de vaccination fixe) ainsi que des grandes surfaces. Dès le 3 septembre, une action démarrera sur le parking d'Ikea à Anderlecht et se poursuivra auprès d'autres enseignes. Les écoles secondaires, universités et hautes écoles sont également concernées. Une lettre de sensibilisation sera envoyée aux parents, des sessions d'information seront organisées et enfin plusieurs formules de vaccination seront offertes: soit dans les centres de vaccination, soit via un vaccibus ou dans une antenne locale, soit dans les écoles, soit encore des modalités particulières qui seront appliquées dans les écoles spécialisées. Des antennes seront aussi ouvertes dans des établissements de soin.

Bruxelles mise sur les actions sociales de terrain afin de préparer et sensibiliser à la vaccination une population privée d'information par la fracture numérique et la suppression croissante des guichets publics. Il s'agira par exemple d'informer et de nouer un dialogue de manière informelle avant le passage d'un vaccibus dans un quartier. Une trentaine de travailleurs sont à pied d'oeuvre et ont déjà mené des actions dans douze communes et 50 quartiers, touchant une centaine de personnes en une demi-journée, a expliqué la secrétaire générale de la Fédération des services sociaux, Céline Nieuwenhuys.

Vendredi, le comité de concertation a convenu que les Régions pourraient étendre l'usage du "covid safe ticket" (forme de pass sanitaire) dans les communes où le taux de vaccination est inférieur à 70%. Il s'agit d'une "éventualité", a insisté M. Maron, qui dépendra du taux de vaccination, de contamination et de remplissage des hôpitaux, et qui pourrait être mise en oeuvre avant la fin octobre... comme ne jamais être mise en oeuvre.

"Nous sommes d'accord (avec le ministre-président Vervoort) sur le fait que la porte ne doit pas être fermée mais seulement si c'est utile et opportun, et il faudra mettre des balises", a-t-il ajouté.

La situation sera évaluée durant le mois de septembre. Si la Région bruxelloise a décidé vendredi de ne pas assouplir la plupart des mesures sanitaires, c'est pour éviter la répétition du scénario de rentrée de l'année passée. "Lors du dernier Conseil National de Sécurité de Sophie Wilmès, un relâchement a été décidé alors que la situation se détériorait. Cela a mené à une deuxième vague très violente", a rappelé M. Maron.

Bruxelles attend par ailleurs une intensification des contrôles au retour des voyages en zone rouge, notamment dans les aéroports. Le taux de positivité des voyageurs augmente et est plus élevé que le taux moyen pour Bruxelles. Il grimpe par exemple à 11,3% pour les retours du Maroc