La Belgique met fin à ses missions d'évacuation en Afghanistan

La Belgique met fin à ses missions d'évacuation en Afghanistan
©Belga

Le gouvernement a décidé de mettre un terme aux évacuations depuis l'aéroport de Kaboul, "au vu de l'évolution de la situation en Afghanistan et en accord avec les autres partenaires européens", a indiqué mercredi soir le cabinet du Premier ministre Alexander De Croo dans un communiqué. "Depuis 21h30 (heure belge), tout le personnel de l'opération Red Kite et les personnes évacuées sont rassemblées à Islamabad. La Belgique poursuivra le rapatriement vers notre pays des personnes évacuées et du contingent de l'opération Red Kite dans les prochains jours", précise le communiqué. Le gouvernement va donner plus de précisions lors d'une conférence de presse, ce jeudi matin.

L’opération Red Kite lancée par la Belgique pour rapatrier des centaines de ressortissants belges et afghans par avion de Kaboul s’inscrivait dans le gigantesque pont aérien mis en place par l’armée américaine et ses alliés. Depuis le début de la mission d’évacuation, 82 300 personnes ont pu quitter l’Afghanistan selon la Maison-Blanche, dont 1 400 par des avions de l’armée belge.

Mercredi encore, les C-130 belges ont effectué cinq rotations entre Kaboul et Islamabad, au Pakistan, d’où les ressortissants belges et afghans, mais aussi néerlandais ou luxembourgeois, sont progressivement amenés en Belgique par avion militaire ou d’Air Belgium. De Melsbroek, les passagers sont envoyés à la caserne de Peutie où leurs documents sont screenés et un test Covid est effectué. Des policiers, agents de la Sûreté, représentants de Fedasil, de la Croix-Rouge, de l’Office des étrangers et du SPF Santé Publique sont sur place.

Une quarantaine de soldats belges étaient jusqu'ici déployés à l'aéroport de Kaboul, dont des forces spéciales, tandis que le gros du contingent, environ 350 personnes, reste à Islamabad. La tension est grande aux abords de l'aéroport où les talibans multiplient les contrôles. Un bus emmenant des passagers pour la Belgique a été stoppé mercredi par les combattants fondamentalistes et a dû rebrousser chemin, tandis que d'autres sont passés. "L'accès à l'aéroport devient de plus en plus difficile", souligne un responsable militaire belge.

Les Américains ont la maîtrise des slots aériens et coordonnent avec flexibilité la noria d’avions qui font l’aller-retour vers Kaboul, principalement avec Dubai aux Émirats. Quarante-deux avions de l’US Air Force militaires et quarante-huit avions de la coalition internationale ont survolé Kaboul entre mardi et mercredi matin. Un avion décolle toutes les 39 minutes, selon le Pentagone.

Plus de 10 000 personnes attendent encore à l’aéroport d’être évacuées. Près de 6 000 soldats américains ont été mobilisés dans cette opération, notamment à Kaboul et il faut aussi les évacuer. Les talibans exigent le retrait de tous les soldats américains au 31 août, un délai fixé par Joe Biden alors qu’il était prévu initialement que le retrait soit finalisé pour le 11 septembre, au 20e anniversaire des attentats de New York et de Washington.