"Réalise-t-il réellement ce qu’il dit?", "Un tel modèle socialiste sera vite en faillite": Bouchez et Lachaert taclent Magnette sur la réforme des pensions

Le président du PS Paul Magnette a indiqué ce vendredi matin qu'il s'opposait à la condition de 20 ans de travail effectif pour avoir accès à la retraite minimale de 1.500 euros. Un non catégorique auquel Georges-Louis Bouchez et Egbert Lachaert ont réagi.

A.M

L'un des gros dossiers de cette rentrée politique est sans conteste la réforme des pensions. Un dossier qui fait déjà débat entre les acteurs politiques et pour lequel Paul Magnette semble toutefois assez confiant. Karine Lalieux (PS) soumettra ce projet de réforme dans le courant du mois de septembre à ses collègues. "C'est une grosse réforme, pour que les pensions soient plus justes" , a indiqué le président du PS. "On a déjà refinancé les pensions, c'était le premier volet, fondamental. Ce sera 1.500 euros net minimum à la fin de la législature. C'est une augmentation historique pour lutter contre la pauvreté chez les personnes âgées".

Le bourgmestre de Charleroi n'a toutefois pas voulu donner plus de détails quant à cette réforme, estimant que "dès que la rentrée scolaire sera terminée, la ministre des pensions Karine Lalieux présentera tous les détails de la réforme qui sera proposée et discutée au sein du gouvernement" .

En début de semaine, le président de l'Open VLD, Egbert Lachaert, avait proposé de mettre en place des conditions plus strictes pour toucher la pension minimale de 1 500 euros. A l'heure actuelle en Belgique, le droit à une pension minimale est accordé après une carrière d'au moins 30 ans. Le souci, selon Lachaert, est que cette pension minimale vous est aussi accordée si vous avez travaillé pendant 10 ans et que vous avez été au chômage pendant 20 ans. L'idée de fixer le droit à cette pension après avoir travaillé de manière effective pendant au moins 20 ans a donc été lancée par le président de l'Open VLD.

Pour Paul Magnette, c'est hors de question. " C'est une proposition que les libéraux font depuis très longtemps et qu'ils ont essayé de faire dans le cadre des négociations dans l'accord de gouvernement. Je l'ai déjà refusée et nous continuerons à la refuser" , explique Paul Magnette au micro de Bel-RTL. "Cette proposition reviendrait à exclure à peu près la moitié des gens de cette pension minimum. Et les trois quarts des personnes exclues seraient des femmes (...) Or, le but de la réforme, c'est notamment de lutter contre les inégalités hommes-femmes. Il y aura peut-être une durée de travail minimum ou un mécanisme équivalent, mais pas 20 ans. Cela aggraverait les discriminations pour les femmes" , conclut le président du PS.

Georges-Louis Bouchez : "Réalise-t-il réellement ce qu'il dit?"

Le président du MR n'a pas tardé à réagir sur Twitter suite à cette interview de Paul Magnette. "Réalise-t-il réellement ce qu'il dit? Comment accepter une société où la moitié des bénéficiaires de la pension minimum n'ont pas travaillé 20 ans?" indique Georges-Louis Bouchez qui s'attaque ensuite au bastion de Paul Magnette et celui de Nicolas Martin, Mons. "Le désastre social des Villes comme Mons ou Charleroi ne doit pas devenir la norme."

Egbert Lachaert : "Un tel modèle socialiste sera vite en faillite"

Le président de l'Open VLD estime que c'est un très gros risque de suivre le modèle du Parti socialiste concernant les pensions en Belgique. "Le pays serait dans un état grave si la moitié de la population ne travaille même pas 20 ans sur une carrière. Un tel modèle (socialiste) sera vite en faillite. Les libéraux veulent des pensions plus élevées, mais pour les payer il faut plus de gens au travail et de l'activation" , a tweeté Lachaert.


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