Pour un député N-VA, si la Belgique participe à la conférence de l’Onu contre le racisme, "ce serait un problème pour le MR"

De nombreux pays occidentaux n’iront pas à New York, fin septembre, en raison de l’atmosphère antisémite de cette conférence.

Pour un député N-VA, si la Belgique participe à la conférence de l’Onu contre le racisme, "ce serait un problème pour le MR"
©Belga

Voilà un dossier de plus qui atterrit sur la table déjà fort encombrée du gouvernement De Croo… Lundi, la N-VA a demandé que la Belgique boycotte le vingtième anniversaire de la Conférence mondiale contre le racisme, organisée par l'Onu le 22 septembre à New York. Selon le président des nationalistes flamands, Bart De Wever, et le député fédéral Michael Freilich (l'ancien rédacteur en chef du mensuel anversois Joods Actueel), cette conférence baigne dans une atmosphère antisémite depuis son lancement, en 2001, en Afrique du Sud. La première conférence de Durban avait été marquée par de profondes divisions sur les questions de l'antisémitisme, du colonialisme et de l'esclavagisme. Certains pays arabes avaient tenté d'assimiler le sionisme au racisme. En 2011, à Genève, l'ancien président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait qualifié la Shoah de "question ambiguë et douteuse".

Un dossier "à l’étude"

Michael Freilich rappelle que de nombreux pays occidentaux ont annoncé qu'ils ne participeraient pas à l'édition 2021 : États-Unis, Canada, Australie, Allemagne, Royaume-Uni, France… Quelle voie prendra la diplomatie belge ? On ne sait pas. En juin, le député N-VA avait interrogé la ministre des Affaires étrangères, Sophie Wilmès (MR), mais sans obtenir de réponse. "L'aile gauche de la Vivaldi veut clairement une participation à cette conférence, qui pourtant est une conférence de haine", croit savoir Michael Freilich. Contactée par La Libre, Sophie Wilmès n'a pas réagi. Toutefois, les services du Premier ministre affirment que la question est "à l'étude" et que la conférence contre le racisme ne figure pas, pour l'instant, à l'agenda d'Alexander De Croo.

"Un problème pour le MR"

"Si le gouvernement fédéral décide de participer à ce sommet, alors il faudra conclure qu'il n'a pas d'intérêt pour les besoins de la communauté juive, avertit Michael Freilich. Ce serait un problème pour le MR, je crois, dont certains députés sont assez proches de la communauté juive. Depuis 2001, ces conférences ont toujours eu le même contenu : la dénonciation d'Israël qui aurait un gouvernement d'apartheid et serait un pays raciste, mais aussi l'affirmation que les juifs seraient partout au pouvoir. Il n'y a évidemment pas de problème à critiquer Israël mais détourner ce forum international pour n'aborder qu'un seul thème (Israël, NdlR), cela montre qu'il y a un souci."

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