Inondations en Wallonie : "Tout ne pourra pas être reconstruit tout de suite, ni en même temps"

Trente-huit morts et un disparu; 80.000 à 100.000 personnes touchées; 45.000 à 50.000 habitations sinistrées; 11.000 véhicules détruits; 100 km2 de zones inondées; 160.000 tonnes de déchets charriés par les eaux; 209 communes concernées.

Inondations en Wallonie : "Tout ne pourra pas être reconstruit tout de suite, ni en même temps"
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C'est le lourd bilan des inondations qui ont frappé la Wallonie à la mi-juillet, égrainé ce mercredi en séance plénière du parlement régional, par le ministre-président wallon Elio Di Rupo.

"Il est essentiel de faire toute la lumière sur ces événements et de comprendre avec précision ce qu'il s'est passé", a-t-il assuré au cours du débat consacré au sujet lors de la séance de rentrée du parlement wallon, marquée par une minute de silence en l'honneur des victimes de la catastrophe.

"Je fais confiance à la Justice et à la commission d'enquête parlementaire - dont la création doit être approuvée dans l'après-midi avant une première réunion demain/jeudi, ndlr. Le gouvernement y collaborera avec honnêteté", a poursuivi Elio Di Rupo.

"Comprendre ce qu'il s'est passé, ce n'est pas vouloir faire tomber des têtes. Ce n'est pas croire que l'on veut cacher des choses. Comprendre ce qu'il s'est passé nous impose de partir sans a priori, sans aucune certitude", a de son côté souligné le chef de groupe du PS au parlement régional, André Frédéric.

"A ce stade, je n'ai aucune conviction. Je ne sais pas si nous aurions pu éviter les conséquences dramatiques de ces inondations. Je ne sais pas s'il y a eu, à un moment donné, dans l'enchaînement des évènements, une faute ou une décision qui aurait pu limiter les effets de cette catastrophe. La Commission d'enquête devra nous permettre d'y voir plus clair et de livrer une vérité que nous retiendrons", a-t-il ajouté.

"La commission d'enquête va devoir partir d'une page blanche, avec un devoir de réserve et de prudence", a enchaîné le chef de file du MR, Jean-Paul Wahl. "Je veux savoir ce qu'il s'est passé. S'il y a eu des lacunes, des responsabilités engagées ou s'il y a eu trop de pluie. Nous devrons en tirer les conclusions et tout faire pour atténuer les conséquences si un tel événement devait se reproduire", a-t-il renchéri alors que dans les rangs de l'opposition, le PTB pointait la responsabilité du ministre Henry.

"Pourquoi les barrages n'ont-ils pas été vidés préventivement malgré les prévisions météo ? Pourquoi le ministre ne reconnaît-il pas ces prévisions malgré la confirmation de l'IRM ? Les gens ont droit à des réponses", a ainsi défendu le député d'extrême-gauche Julien Liradelfo.

"Dire: 'c'est la faute à la pluie', ça ne va pas. Il y a eu des défaillances, des dysfonctionnements. Il faut mettre les choses à plat, sans tabou", a pour sa part estimé le chef de groupe du cdH, François Desquesnes.

Sur le banc de l'exécutif, le ministre-président wallon est par ailleurs revenu sur l'accord conclu entre la Région et les assureurs. Initialement, ces derniers devaient débourser 339 millions d'euros, soit moins de 20% des montants estimés des dégâts. "J'ai négocié pour trouver une solution. Finalement, ce sont 613 millions qui seront supportés par les assurances - 38% des montants estimés -, le reste étant pris en charge par la Wallonie", a-t-il détaillé.

"Je me dois de vous dire que tout ne pourra pas être reconstruit tout de suite, ni en même temps", a enfin averti Elio Di Rupo. "Mais les sinistrés sont au coeur de nos préoccupations. J'ai confiance en nos capacités collectives", a-t-il conclu.

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