La vaccination traîne à Bruxelles, qui pourrait adopter le pass sanitaire

L’usage du Covid Safe Ticket dans la capitale pourrait bel et bien entrer en vigueur à partir du 1er octobre, si le “Codeco” l’approuve.

Ce n'est décidément pas gagné pour la Région bruxelloise. Malgré les efforts déployés par la capitale pour doper ses taux de vaccination, ses administrés demeurent toujours trop peu nombreux à se faire vacciner. "Cela prendra du temps", a déclaré mardi Inge Neven, la responsable de la vaccination à Bruxelles, lors de son point presse hebdomadaire.

Pour mémoire, les autorités de la Région-capitale se sont fixées comme nouvel objectif d’enregistrer 16 000 doses par semaine sur le territoire bruxellois. La semaine dernière, 9 900 premières doses ont été injectées dans la capitale. C’est 600 de moins que la semaine précédente et bien loin, donc, de l’objectif hebdomadaire des 16 000 doses fixé pour atteindre fin octobre un taux de couverture vaccinale de 65% de la population totale.

Il y a quinze jours, dans un entretien à La Libre, le ministre régional de la Santé, Alain Maron (Écolo), avait dévoilé son plan de rentrée pour accélérer la cadence de vaccination à Bruxelles. Outre les quatre centres de vaccination encore ouverts, 30 à 40 points mobiles ont été déployés sur le territoire de la capitale. Le maître mot de cette nouvelle stratégie est la proximité avec les gens. Puisqu'ils ne viennent pas se faire vacciner, c'est en effet le vaccin qui vient directement à eux. De la place du marché à la synagogue, les "vaccinateurs" de la Commission communautaire commune (Cocom) sont partout. Le Vacci-bus, qui sillonne les quartiers bruxellois les plus réfractaires à la vaccination et qui s'arrêtera bientôt sur les campus universitaires de la capitale, accueille au mieux 50 candidats au vaccin par jour. C'est insuffisant, a expliqué mardi Inge Neven. Pour tenter de changer rapidement la donne, la Cocom déclare "analyser actuellement la situation". Ce qui est avéré, c'est que les quatre centres de vaccination encore ouverts n'attirent pas les foules : 7000 vaccins la semaine dernière, contre 9 000 huit jours plus tôt. Et, dans le même temps, les actions de proximité ne compensent pas. Le succès de l'opération lancée dans les supermarchés bruxellois est relatif : 805 doses, seulement, ont trouvé acquéreur dans les Primark, Action et autre Ikea la semaine dernière. Moins concluant encore : la vaccination par le biais des pharmacies, testée pendant trois jours dans une officine molenbeekoise, n'a permis de convaincre que 40 personnes. Les équipes de la Cocom déclarent vouloir maintenir leurs efforts. "Il faut prendre le temps de la sensibilisation, ne surtout pas brusquer les gens. Il faut les aborder un par un et déconstruire toutes ces fake news que l'on entend, notamment sur les problèmes de fertilité, d'ADN ou de performances sportives", martèle Inge Neven.

À la Stib, chez bpost et à la SNCB

Plusieurs CPAS, dont celui de la Ville de Bruxelles, ont ouvert en collaboration avec la Région des antennes de vaccination décentralisées pour les quinze prochains jours. Cette semaine, trois grandes entreprises publiques - bpost, la SNCB et la Stib - vont tester la vaccination en leur sein. La priorité est désormais mise sur les plus jeunes : les infections augmentent toujours plus à Bruxelles que la moyenne belge, et plus significativement chez les 10-19 ans, observe la Cocom. Le taux de vaccination des plus jeunes reste sensiblement bas dans la capitale : 18% seulement des 12-17 ans sont entièrement vaccinés, contre 69 % en Flandre, 51 % en Wallonie.

Ce mardi soir, un accord de principe est intervenu sur l’élargissement du Covid safe ticket dans la capitale à partir du 1er octobre. Celui-ci doit toutefois encore faire l’objet d’un accord formel en Comité de concertation le 17 septembre prochain.