La Flandre exige une politique de l’emploi asymétrique, le ministre fédéral du Travail ne ferme pas la porte

Le ministre fédéral de l'Économie et de l'Emploi, Pierre-Yves Dermagne (PS), souhaite soutenir les entités fédérées dans leur politique relative au marché de l'emploi et se dit ouvert à une collaboration asymétrique sur "certains thèmes", dans le cadre fédéral.

L.G. (avec Belga)

La conférence sur l’emploi organisée par le ministre fédéral du Travail, Pierre-Yves Dermagne (PS), ces 7 et 8 septembre, a pour thème central les fins de carrière, et surtout la façon d’augmenter le taux d’emploi des travailleurs de plus de 55 ans. En marge des débats, mardi, il a surtout été question des situations contrastées entre les régions du pays et de la nécessité de mettre en place des politiques de l’emploi davantage différenciées.

Lundi soir, Jan Jambon (N-VA) avait déjà mis la question sur le tapis à l'occasion de la soirée de rentrée du Voka. Devant les entrepreneurs du nord du pays, le ministre-Président flamand avait appelé le gouvernement fédéral à mettre en œuvre de toute urgence une politique asymétrique du marché du travail, afin que la Flandre puisse élaborer ses propres mesures. "Le gouvernement fédéral doit intervenir. C'est essentiel pour notre prospérité", avait-il plaidé.

Les emplois vacants en Flandre

Le Voka lui-même se soucie de la pénurie de main-d’œuvre en Flandre. Selon son président Wouter De Geest, les entrepreneurs sont désormais plus préoccupés par la difficulté à pourvoir les postes vacants que par la pandémie de coronavirus. M. De Geest a donc plaidé lundi soir pour une politique du marché du travail asymétrique, afin que la Flandre puisse fixer ses propres priorités.

À la conférence sur l’emploi, le sujet a rebondi. Et le ministre Dermagne n’a pas fermé la porte. Il faut dire que la requête de Jan Jambon n’est pas isolée. Mardi matin, la ministre flamande de l’Emploi Hilde Crevits (CD&V) a rappelé qu’elle demande depuis quelque temps à son collègue fédéral de mettre en œuvre une politique asymétrique du marché du travail, afin que la Flandre puisse définir ses propres mesures.

Elle plaide pour des solutions sur mesure pour les régions. Selon elle, la situation en Flandre, où le vieillissement de la population est un problème, est fondamentalement différente de Bruxelles, par exemple, qui a une population très jeune. "Il faut être capable d'adapter les recettes à la région, de mettre ses propres accents."

Les malades de longue durée

La ministre sociale-chrétienne prône entre autres un accord de coopération asymétrique sur les malades de longue durée, afin qu'ils puissent encore travailler plusieurs jours par semaine s'ils le souhaitent sans perdre leurs allocations. La Flandre veut aussi pouvoir orienter les personnes en chômage temporaire intensif - plus de dix jours par mois, pendant au moins trois mois consécutifs - vers le VDAB pour y suivre une formation. "Ce n'est pas possible que nous ne soyons pas autorisés à former des chômeurs temporaires, souvent des personnes peu qualifiées. Cela me met un peu en colère."

La ministre wallonne de l'Emploi Christie Morreale (PS), par la voix de son chef de cabinet adjoint Laurent Wenric, trouve également utile une approche spécifique par région. "Le plus important, dit-il, est l'efficacité des mesures, la forme est moins importante pour nous." Quant au ministre bruxellois Bernard Clerfayt (Défi), il souligne la situation particulière de la capitale, avec par exemple, beaucoup de chômage chez les jeunes.

Réunion interministérielle sur les métiers en pénurie

Dans la foulée, Pierre-Yves Dermagne a rappelé que l'accord de gouvernement De Croo laisse une ouverture au "fédéralisme de coopération" afin de parvenir aux "mesures nécessaires qui peuvent accompagner et soutenir la politique du marché du travail des entités fédérales".

Le ministre socialiste se dit disposé à analyser comment soutenir des initiatives régionales, "mais nous devons travailler dans le cadre institutionnel fédéral qui s'applique aujourd'hui. Tout cela doit se faire dans le respect des compétences de chacun. Le droit du travail reste une compétence fédérale".

Le ministre fédéral annonce qu’il organisera la semaine prochaine une conférence avec les ministres régionaux sur la problématique des métiers en pénurie.

Sur le même sujet