Sortie du nucléaire: le Voka appelle à cesser la polarisation dans le débat

L'organisation des entrepreneurs flamands Voka a appelé mardi les partis des gouvernements fédéral et flamand à cesser la polarisation sur la sortie de l'énergie nucléaire et à prendre une décision dans ce dossier en toute transparence.

Sortie du nucléaire: le Voka appelle à cesser la polarisation dans le débat
©Marie Russillo
Belga

Le patron des patrons flamands, Wouter De Geest, ne se prononce pas en tant que tel pour ou contre la sortie de l'énergie nucléaire, prévue en 2025. "Le mix énergétique à venir est une décision politique. Mais nous devrons confronter chaque décision à trois critères: la durabilité, la compétitivité des prix et la sécurité d'approvisionnement. Si c'est des centrales au gaz, n'en construisez pas trop et faites en sorte qu'elles soient prêtes pour une captation de CO2 ou un passage vers des combustibles verts, et soyez transparents sur ceux qui devront payer le mécanisme de subside", a-t-il expliqué dans un entretien accordé au Tijd.

Au mois de novembre, le gouvernement fédéral devra se prononcer sur la sortie définitive du nucléaire. Un rapport doit montrer si la sécurité d'approvisionnement en électricité du pays peut être garantie. Si "un problème inattendu" est constaté, "le gouvernement prendra des mesures adéquates comme l'ajustement du calendrier légal pour une capacité pouvant aller jusqu'à 2 GW", c'est-à-dire la prolongation de Doel 4 et Tihange 3, prévoit l'accord de majorité.

Dans l'opposition à l'échelon fédéral mais au pouvoir en Flandre, la N-VA continue à défendre une prolongation du nucléaire. La ministre régionale de l'Environnement, Zuhal Demir, a déjà laissé entendre que l'octroi de permis pour la construction de nouvelles centrales au gaz ne serait pas facile en raison des émissions de CO2 de ces installations.

Le patron du Voka appelle le monde politique à ne pas créer de problème communautaire sur le sujet. "La production locale est importante pour notre industrie et pour l'impact sur les prix. S'il faut des centrales au gaz, il en faudra aussi en Flandre, à proximité de l'industrie. Les demandes de permis doivent être examinées de façon critique, sans préjugé. Si le cadre dans lequel les permis sont octroyés devient bancal, la confiance des investisseurs en souffrira", a-t-il expliqué.

Dans le passé, M. De Geest s'est affiché résolument contre la sortie du nucléaire. "Mais il y a quelques années, il n'y avait aucune alternative. Il y en a maintenant grâce au soutien massif aux centrales au gaz. Dans la transition vers l'énergie verte, il y a des possibilités énormes de croissance", a-t-il ainsi observé dans "De Morgen".

"Je plaide pour le maintien d'une production de base dans notre pays. Cela peut être des centrales au gaz ou des centrales nucléaires (...) Il est important de cesser les combats idéologiques", a-t-il ajouté.