La Belgique n'enverra pas de ministres à la conférence de l'Onu contre le racisme

Le kern (comité ministériel restreint) a tranché ce vendredi une question diplomatique très délicate.

La Belgique n'enverra pas de ministres à la conférence de l'Onu contre le racisme
©REPORTERS

Le 22 septembre, à New York, l'ONU organise un sommet pour le vingtième anniversaire de la conférence de Durban contre le racisme. L'esprit de cette conférence, à la base fort louable, avait sombré ces dernières années dans un climat... antisémite.

Une tribune pour la parole antisémite...

La première conférence de Durban avait été déjà marquée par de profondes divisions sur les questions de l'antisémitisme, du colonialisme et de l'esclavagisme. Certains pays arabes avaient tenté d'assimiler le sionisme au racisme. Le moment de rupture remonte toutefois à 2009 : à Genève, l'ancien président iranien Mahmoud Ahmadinejad avait qualifié Israël de "gouvernement raciste".

Dans une telle ambiance, de nombreux pays, dont nos voisins directs, ont refusé de participer au sommet de New York.

La position belge se faisait toutefois attendre. La N-VA, dans l'opposition au fédéral, avait réclamé fin août le boycott du sommet Durban IV.

On y voit désormais plus clair : les principaux ministres fédéraux ont décidé ce vendredi que la Belgique n'enverrait aucun ministre le 22 septembre à New York.

Une présence malgré tout ?

Toutefois, la diplomatie belge examine la possibilité d'assurer malgré tout une présence de notre pays (par exemple, via un diplomate) afin de porter, lors de la conférence à venir, un message fort contre le racisme et l'antisémitisme.

Réaction de la N-VA

Le député fédéral N-VA Michael Freilich (l'ancien rédacteur en chef du mensuel anversois Joods Actueel) a tenu à réagir à nos informations. Il déplore ce qu'il estime être "un manque de courage" du gouvernement fédéral. "C'est un compromis à la belge, déclare-t-il. Soit on estime que cette conférence en vaut la peine et, alors, on envoie tous les ministres ; soit on estime qu'on ne peut pas y aller et, alors, on boycotte complètement le sommet. Avec la N-VA au pouvoir, on aurait eu une position beaucoup plus tranchée."