Abattage sans étourdissement: Bernard Clerfayt mettra le dossier sur la table du gouvernement Vervoort avant la fin octobre

Le ministre bruxellois en charge du Bien-être animal, Bernard Clerfayt (DéFI), a annoncé jeudi qu'il mettra le dossier de l'abattage des animaux avec étourdissement préalable sur la table du gouvernement Vervoort avant la fin du mois d'octobre.

Abattage sans étourdissement: Bernard Clerfayt mettra le dossier sur la table du gouvernement Vervoort avant la fin octobre
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A la suite de l'arrêt rendu jeudi par la Cour constitutionnelle dans le dossier de l'interdiction de l'abattage d'animaux sans étourdissement, plusieurs élus bruxellois en ont appelé à une initiative du gouvernement Vervoort. En Région bruxelloise, l'abattage rituel sans étourdissement n'est actuellement pas interdit. Le ministre du Bien-être animal Bernard Clerfayt a indiqué, sitôt l'arrêt rendu, qu'il mettrait le dossier sur la table du gouvernement.

Outre la N-VA qui souhaite l'examen rapide par le parlement de sa proposition d'ordonnance en la matière mise à jour en janvier dernier, le MR a plaidé pour que l'on avance sur cette question. "J'espère que le ministre du Bien-être animal va tenir parole et que nous pourrons enfin progresser sur cette question dans la sincérité et la sérénité", a commenté jeudi l'élu MR Gaëtan Van Goidsenhoven, par ailleurs président de l'asbl Veeweyde.

De son côté, la députée bruxelloise indépendante Victoria Austraet (ex Dier Animal) a estimé que le gouvernement bruxellois devait à présent prendre ses responsabilités sans remettre le dossier aux calendes grecques.

"Aujourd'hui, Bruxelles est la seule Région du pays à autoriser l'abattage d'animaux sans étourdissement préalable. Si la problématique n'est pas inscrite dans la Déclaration de politique régionale du Gouvernement, on sait son ministre du bien-être animal, Bernard Clerfayt, particulièrement attentif aux prononcés des différentes instances juridictionnelles", a--t-elle dit.

Pour la députée animaliste, les arrêts de la Cour constitutionnelle doivent entraîner une prise de responsabilité à Bruxelles. Le contraire, dans le chef d'un gouvernement qui veut se profiler à la pointe de la thématique du bien-être animal, serait incompréhensible.

La Cour constitutionnelle s'est définitivement prononcée à propos des recours en annulation visant les décrets wallon et flamand interdisant l'abattage sans étourdissement. Verdict: cette interdiction est conforme à la Constitution. Concernant le fond, la Cour estime que cette mesure répond "à un besoin social impérieux" et qu'elle est "proportionnée à l'objectif légitime poursuivi consistant à promouvoir le bien-être animal".

L'abattage sans étourdissement est une pratique coutumière des rites religieux musulmans et juifs. Mais comme la parlementaire indépendante le rappelle, "l'objectif n'est pas d'empêcher les croyants de vivre selon leurs rites. Il s'agit d'y ajouter une précaution supplémentaire pour épargner des douleurs inutiles aux animaux." En Wallonie et en Flandre, l'équilibre entre protection des animaux et liberté de culte a effectivement été trouvé: la méthode d'étourdissement avant un abattage rituel doit être réversible, pour mieux répondre aux prescrits rituels.

Le CAL se réjouit que soit rappelée la primauté de la loi civile

Le Centre d'Action Laïque (CAL) s'est réjoui jeudi que soit rappelée la primauté de la loi civile sur les intérêts religieux après que la Cour constitutionnelle eut rejeté des recours contre l'interdiction de l'abattage rituel sans étourdissement. Pour le Centre d'Action Laïque, "la Cour constitutionnelle rappelle avec fermeté que le principe de séparation des églises et de l'État s'impose". Les prescrits religieux "ne peuvent prévaloir sur la loi civile et ne peuvent mettre à mal une préoccupation d'intérêt général, en l'occurrence le bien-être animal", relève-t-il.

Les débats sociétaux voient régulièrement certains intérêts particuliers questionner le rôle de l'État dans l'enceinte politique et juridique. "La Cour formule ici un rappel bien nécessaire à un moment : la loi civile prévaut en toutes circonstances sur les intérêts religieux. C'est la meilleure garantie qu'aucune conviction religieuse particulière ne soit en mesure d'imposer ses vues à l'ensemble de la société", a réagi le secrétaire général du CAL Benoit Van Der Meerschen.