Sarah Schlitz : "Le travail du gouvernement n'est pas perturbé par des guéguerres sur les réseaux sociaux"

La secrétaire d’État à l’Égalité des genres Sarah Schlitz (Écolo) tient à se saisir du dossier des agressions sexuelles qui auraient été commises dans des bars du quartier du Cimetière d’Ixelles, proche de l’ULB. Elle était ce matin au micro de Matin Première.

La Rédaction

Quelque 1 300 personnes ont marché à Ixelles la semaine dernière pour que les victimes de violences sexuelles soient aidées et écoutées. De nombreux témoignages mettent en cause l'accueil et la prise en charge des victimes par les services de police et hospitaliers. Il y est notamment parfois demandé aux personnes agressées de désaouler avant de recevoir de l'aide. Un temps qui peut masquer la prise de drogue dans le sang.

Il n'y a pour le moment que trois Centres de Prise en charge des Violences Sexuelles (CPVS) en Belgique. " Ces centres étaient des projets pilotes. On va en ouvrir sept autres, de manière à ce que toutes les victimes aient un centre à une heure maximum de leur habitation. On va également former les policiers à l'accueil et à la compréhension des victimes" , annonce la Secrétaire d'Etat. "Beaucoup de victimes qui arrivent dans les commissariats sont passées par ces centres auparavant."

Est-ce que l'impunité persiste dans les affaires de violences sexuelles ? "Il y a en tout cas le sentiment d'impunité. Et on ne peut pas faire société quand il y a ce sentiment d'impunité, celui de ne pas être entendue. Dès qu'il y a un dépôt de plainte, il faut qu'une action suive. Depuis la création des Centres de Prise en charge des Violences Sexuelles, 4000 victimes y ont reçu de l'aide. Mais c'est un chiffre qui ne dit pas tout. On sait qu'il n'y a qu'une victime sur 10 qui porte plainte."

Quelques jours après la manifestation à Ixelles, une bleusaille du cercle de droit de l'ULB a choqué de nombreuses personnes. Des étudiants ont été vus nus sur une pelouse occupés à mimer des actes sexuels. "Certaines personnes n'ont pas encore compris qu'on est dans une période de changement. Je salue le travail des autorités universitaires et de certains cercles pour inscrire les notions de consentement et de violences sexuelles dans les chartes. Aujourd'hui, je remarque la réaction qui a lieu. Avant ça avait lieu, mais personne ne faisait rien", regrette la membre du gouvernement.

Le MR et Sarah Schlitz

Est-ce que tout le gouvernement soutient le travail de la Secrétaire d'Etat ? Plusieurs membres du MR l'ont récemment attaquée sur plusieurs de ses positions ( la nomination d'Ihsane Haouach au poste de commissaire du gouvernement auprès de l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes , et la participation à une marche en non-mixité ). "Il y a ce qu'il se passe sur Twitter et ce qu'il se passe sur le terrain" , lance l'écologiste. "Comme ces victimes des violences sexuelles qui ont besoin qu'on mette toute notre énergie dans les politiques et sur le terrain. Le travail du gouvernement sur ces sujets n'est pas perturbé par des guéguerres sur les réseaux sociaux. Je peux vous le garantir."

Trop radicale Sarah Schlitz ? Plus militante que Secrétaire d'Etat ? "J'ai des valeurs et je poursuis un projet de société que je crois plus apaisé, plus inclusif et dans lequel les femmes sont moins agressées que pour le moment" , explique-t-elle. "Si c'est ça être militante, oui, je veux bien l'assumer."