"Chaque Premier ministre a son propre style, mais on ignore toujours celui d'Alexander De Croo"

Ce mercredi matin, dans son émission "Il faut qu'on parle" sur DH Radio, Maxime Binet recevait le député N-VA Sander Loones.

Initialement, c'était Theo Francken qui était convié à l'interview avec Maxime Binet, mais malade, celui-ci a dû se faire remplacer par son homologue de la N-VA au fédéral, Sander Loones.

Ce dernier a tout d'abord été questionné sur la remontée en flèche des contaminations au Covid-19. Quand on lui demande si la Flandre ne devrait pas réimposer le port du masque, comme les experts du GEMS le recommandent, Sander Loones répond: "Non, je ne pense pas. On a conclu un contrat avec les citoyens, que s'ils faisaient l'effort de se faire vacciner, les masques tomberaient en contrepartie. Moi je ne crois pas aux grandes actions de panique. Alors le coronavirus n'est pas encore terminé mais si on regarde la situation dans les hôpitaux, c'est tout à fait contrôlable. Je ne vois donc pas la nécessité de réintroduire toutes ces mesures trop vite."

Cette volonté de la Flandre de n'avoir recours ni au pass sanitaire ni au port du masque n'est-elle pas une façon de montrer aux francophones que la politique sanitaire marche mieux au nord qu'au sud du pays? "Absolument pas", assure le député N-VA. "Ce qu'on a constaté, c'est que la vaccination a été un grand succès en Flandre, un peu plus qu'en Wallonie. Et on a ce contrat avec le peuple disant que si on se fait vacciner, on peut enlever le masque. Et je pense que ce contrat qui doit être respecté a aussi été motivant du côté francophone."


Sur le conclave budgétaire, Sander Loones qui est dans l'opposition avec la N-VA, se montre critique face à une majorité qui ne semble même pas sur la même longueur d'onde. "Normalement il y a un gouvernement qui vient avec un programme. On a alors un vote au parlement par lequel le gouvernement demande la confiance pour exécuter son programme. Et maintenant, on ne sait pas pourquoi ils ont obtenu cette confiance. Que ce soit le travail de nuit, la taxe avion... Depuis jeudi, on entend des discours différents sur ces matières-là."


Le député N-VA tacle également la gestion du Premier ministre Alexander De Croo. "Chaque Premier ministre a son propre style. Avec Guy Verhofstadt, dans le temps, c'était le grand sociable. Elio Di Rupo, lui, groupait tous les problèmes avant de faire un grand accord après. Charles Michel avait le style d'attendre beaucoup de temps. Mais Alexander De Croo, on ne sait pas. Il ne décide pas, attend jusqu'au dernier moment et, même si au dernier moment il y a des conclusions, ce ne sont pas de vrais accords." Pour Sander Loones, deux grands partis francophones en particulier sont la source des dissensions: le PS et le MR.

Carton rouge à la Secrétaire d'Etat au Budget

S'il se montre très critique avec le gouvernement fédéral, Sander Loones adresse son carton rouge plus particulièrement à la Secrétaire d'Etat au Budget, Eva De Bleeker. "C'est quand même elle qui devrait garder les chiffres en bon compte et on a constaté qu'elle ne le faisait pas. Le monitoring dit d'un côté qu'il y aurait un trou budgétaire de 16 milliards du côté fédéral. Maintenant quand on regarde les résultats du conclave, ils ont amélioré les chiffres de 150 millions. Pas plus que ça. Or ce gouvernement vend ces 150 millions comme si c'était 2 milliards d'euros. Ce n'est pas correct et je trouve que c'est le rôle de la Secrétaire d'Etat d'insister sur les chiffres, d'être claire là-dessus. Elle doit arrêter d'être supporter."

Quand Maxime Binet lui rappelle que la N-VA a déclaré dernièrement que la Belgique, si elle ne fait pas un effort budgétaire d'au moins 3 milliards, risquait de vivre la même crise économique que la Grèce, Sander Loones précise: "C'est même l'économiste Étienne de Callataÿ qui l'a affirmé. En plus il a dit que la situation de la Wallonie est encore pire que la Grèce puisque la Wallonie n'est pas un État et n'a pas les leviers pour prendre les mesures nécessaires. Mais cette comparaison, ce n'est donc pas nous qui l'avons faite en premier, mais il y a du vrai là-dedans. Et pas seulement pour la Wallonie mais pour toute la Belgique. On est en train de dépenser de l'argent qu'on n'a pas. Or il y a une dette à payer et si ce n'est pas nous qui le faisons, ce seront nos enfants et petits-enfants."

Mais que faire alors? Selon la N-VA, "il faut réformer. Que ce soit en Wallonie ou à Bruxelles, il y a beaucoup de gens que l'on peut remettre au travail. En Wallonie par exemple, il y a encore beaucoup de places disponibles pour installer des entreprises etc. Il faut mettre l'accent sur cette économie, sur le fait que les gens doivent participer et travailler." Et le député d'ajouter: "Je regrette d'ailleurs à ce sujet les propos de Monsieur Magnette ce mardi. Apparemment il y avait un accord sur les maladies de longue durée mais visiblement cet accord n'existe plus. D'un côté, Frank Vandenbroucke est venu défendre au Parlement un accord à ce sujet avec un régime de sanction. Puis quelques jours plus tard, le président du PS dit qu'il n'y aura jamais de sanction concernant les malades de longue durée. Cela coince même entre socialistes flamands et francophones."


Quant à son carton vert, le député N-VA le donne à ces ministres qui ont travaillé d'arrache-pied durant la crise du coronavirus. "Je pense notamment aux ministres de Groen, qui ont beaucoup travaillé ".

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