Elio Di Rupo charge les assureurs: "A quoi servent-ils s'ils ne viennent pas en aide en cas de drame comme les inondations?"

Eio Di Rupo n'a pas accepté les propos d'Assuralia.

Elio Di Rupo charge les assureurs: "A quoi servent-ils s'ils ne viennent pas en aide en cas de drame comme les inondations?"
©BELGA
G.J. et A.V.C.

Ce mercredi, les responsables de la fédération des assureurs (Assuralia) ont tenu une conférence de presse. "Si les assureurs doivent payer les dommages à 100  %, les primes vont devenir impayables" ont-ils notamment déclaré, faisant allusion aux conséquences des inondations de juillet et leurs nombreux dégâts. "Ce qu'on peut dire, c'est qu'il y aura une tendance à l'augmentation des primes", ont-ils encore ajouté.

Pour expliquer cette tendance, Assuralia a avancé le coût des dernières inondations. Au total, ces catastrophes naturelles ont coûté plus de 2 milliards d'euros (19 à Bruxelles et 2 milliards en Wallonie) aux assureurs belges. En tout, plus de 70.000 dossiers ont été ouverts (1.400 à Bruxelles et plus de 62.000 en Wallonie).

Un chiffre énorme qui devrait avoir des conséquences. Dans un communiqué de presse, Elio Di Rupo a exprimé son indignation suite à ces déclarations. "Ces propos sont indignes au moment où près de cent mille personnes sont sinistrées et qu'une très grande partie d'entre elles attend toujours d'être indemnisée pour les dégâts", a-t-il commencé.

"Il serait intolérable que les assureurs se dérobent à leurs obligations ou prétextent la catastrophe pour augmenter le prix des polices d'assurance. A quoi serviraient les assureurs s'ils ne répondent pas présents en cas de drames sous prétexte que le drame serait trop coûteux ?", a demandé le ministre-président de la Wallonie.

D'autant plus que, selon le communiqué, c'est la Région wallonne qui finance la plus grosse partie de l'indemnisation des personnes sinistrées (et assurées). "En effet, à ce stade, la Région wallonne finance 60 % des montants (à hauteur de 1 milliard d'euros) de l'indemnisation des personnes sinistrées assurées, alors que les assureurs ne prennent en charge 'que' 40% (à hauteur de 635 millions d'euros)", a-t-il expliqué.

Elio Di Rupo charge les assureurs: "A quoi servent-ils s'ils ne viennent pas en aide en cas de drame comme les inondations?"
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A la suite de cette déclaration, Assuralia a voulu réagit. Les assureurs n'ont pas contesté les chiffres mais ont tenu à apporter une nuance: "La répartition 60%-40% entre la Région wallonne et le secteur des assurances concernant la Wallonie est correcte. Toutefois, l'accord conclu ne concerne que les risques simples, à savoir les habitations et petits commerces notamment et ne comprend ni les indemnisations liées aux véhicules ni celles des risques spéciaux, c'est-à-dire les grandes entreprises, institutions, …"

“Musculation par rapport au PTB”

Alors, le torchon brûle-t-il entre les ministres PS et les assureurs ? Et cela au point de mettre en péril les discussions qui visent à définir un cadre juridique plus clair en cas de catastrophe naturelle que ce qui est prévu dans la loi de 2006 ? Certaines sources proches du dossier parlent de "musculation du côté des socialistes afin de se positionner par rapport au PTB". Cette attaque ne devrait donc pas avoir de conséquence au niveau des discussions qui visent à définir un nouveau cadre juridique. Car ce cadre doit être "durable sinon les réassureurs n'interviendront pas", martèlent les assureurs.

Quant à la tendance à la hausse des primes, elle semble inéluctable dans le contexte actuel, jugent les experts du secteur. Elle serait liée à la hausse de l’index, qui intègre une série de hausses des coûts du type matières premières