Denis Ducarme: "La démission de Béa Diallo pour partir en Guinée, c'est assez stupéfiant"

Denis Ducarme était l'invité de l'émission "Il Faut Qu'on Parle" sur DH Radio.

A.M

Pour débuter l'émission, Denis Ducarme est interrogé sur les perquisitions réalisées mercredi dans différentes casernes militaires de Belgique. Des perquisitions en lien avec une certaine accointance de la part de militaires avec l'extrême droite. Une histoire qui intervient quelques mois à peine après la fameuse affaire Jürgen Conings. "Cela fait certainement mauvais genre auprès de l'armée", relate tout d'abord le nouveau résident de la Ville de Charleroi. "Il est toutefois positif de remarquer qu'après l'affaire Conings, les enquêtes se poursuivent. On le savait, ce cas n'était pas un cas isolé à l'armée et il reste des problèmes liés à l'extrémismeau sein de La Défense. Il faut, avec notre ministre de La Défense, le SGRS, la justice, que nous puissions mettre un terme à cet extrémismequi est aujourd'hui présent chez certains de nos militaires."

Même si le SGRS avait appris de ses erreurs suite à la triste affaire Conings et voulait même aller plus loin dans les enquêtes, l'extrémisme de droite ou de gauche au sein de notre armée est "un problème qui persiste" depuis plusieurs années, estime Denis Ducarme. Serge Lipszyc, le président du Comité R, doit d'ailleurs apporter un dossier ce lundi à propos de ses diverses déclarations dans la presse où il a notamment indiqué qu'il se pouvait qu'il y ait différentes strates de l'extrême droite au sein même de l'Etat. Un avis que partage l'ancien ministre Denis Ducarme.

"Je crois qu'il a raison. Il a voulu lancer un appel au monde politique pour indiquer qu'il fallait se saisir du problème de l'extrémisme au sein de La Défense (...) Il faut enquêter dans tous les Corps de l'Etat à propos de ce phénomène. A partir du moment où le premier parti au nord du pays est un parti d'extrême droite, cette idéologie va transpirer auprès des individus qui la porte et vous allez la retrouver dans certains Corps intermédiaires de l'Etat. Il faut donc veiller à ce que l'Etat ne soit pas pollué par l'extrémisme de droite et de gauche ou encore par l'extrémisme radical."


"La démission de Béa Diallo pour partir en Guinée, c'est assez stupéfiant"

Pour les cartons de l'invité, Denis Ducarme a décidé de donner un carton rouge au PS, tout simplement. La raison évoquée est celle de la démission de l'échevin des Sports d'Ixelles, Béa Diallo, qui va devenir ministre des sports en Guinée. "Il va renforcer un gouvernement mis en place par des militaires suite à un coup d'Etat datant du mois de septembre. Ce coup d'Etat a été sanctionné par l'Union européenne, l'Union africaine et l'ONU notamment. Et là nous apprenons qu'un cadre du PS va devenir ministre des sports dans un gouvernement mis en place par la junte... C'est assez stupéfiant", explique tout d'abord Denis Ducarme.

"Imaginez une seconde qu'un élu du Mouvement Réformateur rejoigne un gouvernement en Amérique du Sud, en Afrique ou en Asie mis en place suite à un coup d'Etat réalisé par des militaires. Imaginez le tollé dans les rangs de la gauche ! Ici, Monsieur Diallo, qui a été parlementaire durant près de 15 ans dans la ville d'Ixelles qui est l'une des plus grandes communes du pays, quitte ses fonctions, tout le monde se réjouit en lui disant bravo car il va devenir ministre dans le gouvernement guinéen... Ahmed Laaouej le félicite, le bourgmestre écologiste de la ville d'Ixelles (Ndlr : Christos Doulkeridis) le félicite la main sur le cœuret se réjouit pour son ancien collègue alors que c'est un gouvernement mis en place suite à un coup d'Etat !"


"Le nucléaire est un allié de notre environnement"

Le carton vert est quant à lui donné à la Cop26 où le député fédéral espère "que la Belgique saura se mettre d'accord d'une seule voix sur le front du réchauffement du climat". Denis Ducarme estime également que la lutte contre le réchauffement climatique ne doit pas être sujet de la politique politicienne. "Je me sens aussi écolo qu'Ecolo lui-même. Il y a un enjeu qui doit rassembler tous les partis politiques, au-delà des frontières."

L'occasion également pour le député fédéral de tacler le parti Ecolo. "L'écologie, ce n'est pas la propriété du parti Ecolo, bien heureusement. Lutter contre le réchauffement climatique ça doit concerner l'ensemble des citoyens et des partis politiques. Sur le nucléaire, quand il y a eu une campagne interne au sein du MR, j'étais le seul candidat à indiquer qu'on ne pourra pas sortir du nucléaire. Aujourd'hui le Mouvement Réformateur semble rejoindre cette ligne. C'est une bonne chose de regarder la vérité en face. Le nucléaire, dans la lutte contre le réchauffement climatique, est un allié de notre environnement et également de la sécurité de notre approvisionnement. Alexander De Croo va devoir un peu prendre ses responsabilités sur une question aussi fondamentale pour l'avenir des Belges."

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