Valérie Glatigny envisage un cadre réglementaire plus strict autour des baptêmes

La ministre francophone de l'Enseignement supérieur, Valérie Glatigny, veut une réflexion sur la consommation excessive d'alcool et n'est pas contre le fait de dissoudre les cercles où il y aurait des abus.

J.F. (avec belga)

Valérie Glatigny prendra l'initiative d'organiser une conférence consacrée aux baptêmes étudiants, a-t-elle indiqué jeudi sur les ondes de Bel-RTL à la suite du décès d'un étudiant en province de Namur. Elle réunira des représentants des cercles étudiants, les autorités académiques, les bourgmestres et des experts psychosociaux.

L'an dernier, une charte rédigée par l'Académie de Recherche et d'Enseignement Supérieur (ARES) est entrée en vigueur en Fédération Wallonie-Bruxelles. Elle établit une série de lignes directrices à respecter durant les baptêmes étudiants, invite à des formations pour les organisateurs, etc. mais n'est pas contraignante et ne vise pas ce qui se déroule après le baptême. "Or, ici, il semblerait qu'une consommation excessive d'alcool a eu lieu après l'activité de baptême en tant que telle", a précisé la ministre.

La dissolution de cercles problématiques envisagée

La ministre a demandé une évaluation de cette charte pour ce qui concerne les violences sexuelles et souhaite y inclure l'abus d'alcool. Elle envisage un cadre réglementaire, plus strict, sur la façon d'organiser ces manifestations du folklore étudiant. "Est-ce qu'en cas d'abus, on pourrait envisager la dissolution d'un cercle? Cela doit faire l'objet d'une réflexion", a-t-elle souligné, n'excluant pas non plus de rendre cette charte contraignante pour tous les comités étudiants organisant des baptêmes.

Elle estime aussi que des organisations rassemblant un grand nombre de personnes - l'événement à la suite duquel l'étudiant a perdu la vie en province de Namur rassemblait 300 personnes - doivent répondre à des objectifs de qualité.

Une réflexion sur la consommation d'alcool chez les jeunes

De manière plus générale, une sensibilisation aux effets de l'alcool s'impose, juge-t-elle encore. "Il ne faut pas stigmatiser la jeunesse, l'alcool est très présent dans notre société. Mais on ne fera pas l'économie d'une réflexion plus large sur la consommation d'alcool", a-t-elle souligné. "Il faut rappeler aux jeunes qu'un black out, ce n'est pas un événement anodin, que des black out à répétition peuvent engendrer des dégâts irréversibles sur le cerveau avec des dégâts en termes de concentration, de mémorisation. Il faut apprendre aux jeunes que la consommation excessive d'alcool a des conséquences importantes".

Les baptêmes sans scènes d'humiliation sont possibles

Selon elle, les baptêmes peuvent tout à fait avoir lieu dans le respect de l'étudiant. "Je garde un bon souvenir de mon baptême. J'espère que cette nouvelle génération pourra profiter de ces activités, qui sont des activités de cohésion sociale. On peut également faire des baptêmes sans scènes d'humiliation, c'est une évidence."


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