Valérie Glatigny: "Certaines choses qui m'ont été rapportées ne correspondent pas à ce que j'ai pu vivre lors de mon baptême étudiant"

Valérie Glatigny, ministre de l'Enseignement supérieur francophone, était l'invitée de Maxime Binet ce matin sur DH Radio. Elle est notamment revenue sur la situation sanitaire ainsi que sur la consommation excessive d'alcool chez les jeunes.

Malgré la dégradation de la situation sanitaire en Belgique, Valérie Glatigny ne souhaite pas remettre en cause le présentiel dans l'enseignement supérieur: "Je pense qu'il y un consensus pour dire que les activités en présentiel sont essentielles pour la qualité des apprentissages et le bien-être des étudiants", argumente-t-elle. Par ailleurs, la vaccination chez les 18-25 avance bien: "Ils ont répondu positivement lorsque nous les avons invités à se faire vacciner. Ils savent que la vaccination, de même que les gestes barrières, sont nos meilleurs alliés pour assurer le présentiel à 100%", pointe la ministre.

Pour Valérie Glatigny, il n'existe d'ailleurs actuellement pas d'alternative: "L'objectif est d'assurer le 100% présentiel. Les ouvertures et les fermetures successives de l'enseignement supérieur ont provoqué une forte détresse psychologique chez les étudiants."

A ce stade, l'application du Covid Safe Ticket n'est de ce fait pas non plus une solution envisageable: "Les activités d'enseignement sont essentielles et ne sont pas soumises à une obligation de CST", indique l'invitée.

Vers une réforme du baptême étudiant ?

"La tragédie qui s'est déroulée la semaine dernière lors d'un baptême étudiant en province de Namur doit servir d'électrochoc", affirme la ministre. Ainsi, afin d'éviter que de tels drames ne se reproduisent à l'avenir, deux initiatives ont été mises en place. Tout d'abord la charte établie en 2020 pour encadrer les baptêmes étudiants. Elle prévoit notamment que personne ne peut être obligé à boire et que les encadrants doivent être sobres. Cette charte va être évaluée. "Ensuite, je lancerai une conférence qui doit réunir les autorités académiques, les cercles étudiants mais également les autorités locales. Je pense que l'objectif est d'être prêt avec une évaluation de la situation pour la prochaine rentrée académique", explique Valérie Glatigny.

Pour autant, l'objectif n'est pas d'interdire ces baptêmes et de transposer le problème ailleurs: "Il y aura toujours des fêtes étudiantes et ce que nous voulons vraiment faire c'est conscientiser aux risques. Outre le problème d'alcool, il faut également faire en sorte que ces activités respectent l'intégrité physique et morale des participants. Je pense qu'il faut mettre l'accent sur la prévention. (...) Certaines choses qui m'ont été rapportées ne correspondent pas à ce que j'ai pu vivre lors de mon baptême étudiant."

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Carton rouge à la consommation abusive d'alcool, carton vert aux travailleurs de l'aide à la jeunesse

Chez les étudiants, mais également dans la société plus généralement, la consommation excessive d'alcool est un véritable "fléau". Elle peut avoir des effets irréversibles sur le cerveau et cela particulièrement chez les jeunes, dont le cerveau n'est pas encore arrivé à complète maturation et qui doivent compter sur leur capacité de mémorisation et de concentration. Pour autant, il ne faut pas stigmatiser les étudiants: "Nous sommes dans une culture de l'ivresse, de la consommation d'alcool", pointe la ministre.

Enfin, Valérie Glatigny adresse son carton vert aux travailleurs de l'aide à la jeunesse qui "ont encadré des jeunes en danger ou en difficulté pendant toute la durée de la crise. Nous avons vu une explosion des demandes de prise en charge des jeunes suite au confinement. Je pense que nous devons vraiment leur rendre hommage pour ce qu'il on fait pendant la crise sanitaire et pour ce qu'ils continuent à faire maintenant", conclut l'invitée.