De Croo: "Sans une protection efficace des frontières, l'Europe se retrouve en position de grande faiblesse"

Le Premier ministre Alexander De Croo a réclamé mardi davantage de soutien de l'Union européenne pour des infrastructures aux frontières extérieures de l'Union, sans toutefois plaider expressément pour un mur, alors que la tension s'accroît aux frontières avec le Bélarus.

De Croo: "Sans une protection efficace des frontières, l'Europe se retrouve en position de grande faiblesse"
©BELGA

La Pologne doit être aidée, a affirmé M. De Croo, qui revenait sur le dernier sommet européen, devant le comité d'avis de la Chambre chargé des questions européennes.

"Sans une protection efficace des frontières, l'Europe se retrouve en position de grande faiblesse", a-t-il ajouté. L'UE accuse le président bélarusse Alexandre Loukachenko d'orchestrer une vague de migrants et de réfugiés, venus principalement du Moyen-Orient, en représailles aux sanctions européennes prises à la suite de la répression brutale de son régime contre l'opposition.

Lors du dernier sommet européen, la présidente de la Commission Ursula von der Leyen avait annoncé que l'UE répondrait à "l'attaque hybride" que constitue cette "instrumentalisation des migrants" par le Bélarus, mais pas en finançant les États membres frontaliers pour ériger des murs ou des clôtures en fil barbelé. La Commission et le Parlement européen ont un accord de longue date sur ce point, avait-elle expliqué.

Ce mardi, les États membres de l'UE (Conseil) ont suspendu partiellement un accord de 2020 visant à faciliter la délivrance de visas de court séjour entre l'UE et le Bélarus pour les fonctionnaires du régime. La veille, Mme von der Leyen a évoqué la création d'une liste noire des compagnies aériennes de pays tiers qui se rendent complices de l'action du président Loukachenko. La Commission n'exclut pas non plus des investissements d'infrastructure.

Pour Alexander De Croo, "des investissements dans l'infrastructure doivent être possibles, et ils ne doivent pas être limités à de la technologie. Mais quant à la forme précise de ce soutien, je ne peux l'anticiper. Tout dépend des circonstances et de la problématique. Ainsi, la situation en Grèce, par exemple, est tout à fait différente de celle à la frontière entre la Pologne et le Bélarus".

Quoi qu'il en soit, même en cas d'investissements dans les infrastructures, il faudra que les droits fondamentaux soient respectés, a souligné le chef du gouvernement.

Il ne s'est pas exprimé sur le refus de la Commission d'investir dans des murs et des barbelés. Mais la députée Karin Brouwers, CD&V, le parti du secrétaire d'État à l'Asile et la Migration Sammy Mahdi, a défendu cette idée. "La construction d'un mur, ça sonne dur et ça me fait penser à ce qui a été proposé il y a quelques années aux États-Unis, mais nous devons le soutenir si nécessaire", a-t-elle dit, tout en plaidant pour des frontières qui restent ouvertes aux demandeurs d'asile, au nom d'une politique "humaine mais ferme". La veille, M. Mahdi avait lui-même dénoncé le "jeu criminel de Loukachenko" et soutenu la nécessité de renforcer les frontières extérieures de l'UE, mais il ne s'était pas prononcé sur un soutien à l'érection d'un mur.